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Les enjeux francophones en Amérique

Inauguré en octobre 2008 par Jean Pierre Raffarin et le gouvernement québécois à l’occasion des 400 ans du Québec, le Centre de la francophonie des Amériques est chargé de mettre en valeur la langue française et de renforcer les liens entre les différentes communautés francophones des Amériques. Une mission que son directeur Michel Robitaille, ancien diplomate et professeur de français, a pris fort à cœur. Rencontre avec un homme dynamique qui mise sur la jeunesse pour assurer la relève du français aux Amériques.

Comment définiriez-vous la francophonie des Amériques ? De quelles Amériques parle-t-on ?

Les Amériques comptent 33 millions de francophones : il y a bien sûr le Canada (9,7 millions), le Québec (7millions) les États-Unis (11 millions) mais aussi les francophones souvent oubliés de l’espace Caraïbes, d’Haïti et d’Amérique centrale. Il y a plus d’un million de francophones au Brésil par exemple.

Quelles sont les grandes priorités du centre de la francophonie des Amériques ?

La mission du centre est de briser l’isolement des communautés francophones de ces différentes régions et assurer la pérennité de la langue française dans les Amériques. Cela passe par l’organisation de rencontres entre les différentes zones de l’Amérique.

Par exemple ?

L’un des grands défis est d’assurer la relève de l’enseignement du français aux États-Unis. Nous menons donc des actions pour susciter l’intérêt des jeunes. Ainsi, nous avons organisé en juin un forum des jeunes ambassadeurs, venus de toutes les Amériques, pour l’occasion. Les cinquante jeunes se sont  réunis pour discuter, échanger et débattre des enjeux liés à la francophonie à l’échelle du continent. Ils sont maintenant retournés dans leur pays et ont pour mission de contribuer au dynamisme du fait français. En septembre, nous lançons aussi un grand concours en ligne auquel toutes les classes de français des Amériques sont invitées à participer. Douze bourses de3 000 dollars seront remises aux lauréats.

Comment le centre est-il financé ?

Le gouvernement du Québec finance nos actions à 100 %. Nous avons un budget de 2,2 millions de  dollars par an. La France a contribué au projet en finançant une partie des bâtiments. Ce sont d’ailleurs deux architectes français, Franklin Azzi et Paul Armand Grether qui ont été choisis pour le projet.

Pourquoi le Québec a-t-il souhaité ce centre ?

Le Québec est une province qui possède la plus forte proportion de francophones, juste avant Haïti, et c’est une région qui a beaucoup de moyens. À l’occasion des 400 ans du Québec, le gouvernement a senti qu’il avait une responsabilité à l’égard des autres francophones des Amériques et qu’il devait aider les communautés minoritaires. C’est une sorte de devoir de mémoire par rapport à son histoire, un engagement que le Québec a pris pour sauvegarder la culture francophone. Le succès de la société québécoise passe aussi par le succès de la langue française.

Dans beaucoup d’écoles et d’universités, les cours de français ferment. Comment comptez-vous lutter contre la fermeture de ces classes ?

C’est un peu tôt pour savoir puisque les actions du centre ont été lancées en mai dernier. Mais nous comptons mettre l’accent sur les jeunes, les toucher, les intéresser parce que c’est grâce à eux que le français restera vivant aux Amériques.

 

Informations pratiques

http://www.francophoniedesameriques.com/

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