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Les enseignants en grève contre la semaine à 4,5 jours

Entre 2 500 et 3 000 enseignants des écoles primaires parisiennes, selon la police et les organisateurs, ont manifesté mardi à Paris contre le retour à la semaine de 4,5 jours à la rentrée 2013 qui, selon eux, “ne favorise pas la réussite des élèves” et “dégrade les conditions de travail des enseignants”.

De source syndicale, 8 500 professeurs des écoles enseignent dans les écoles primaires parisiennes. Derrière une banderole où on pouvait lire “Non à ces rythmes scolaires, ni statu quo, ni bricolage, l’école mérite une vraie ambition”, le cortège, parti du métro Temple, a défilé jusqu’à l’Hôtel de Ville. “L’école on veut l’améliorer, mais pas avec votre projet!”, “Abandon de la réforme Peillon, dans toutes les écoles, dans toutes les régions!”, scandaient les manifestants rassemblés à l’appel d’une intersyndicale SNUipp-FSU Paris, Snudi-FO, SE-Unsa, Sud-Education, Cnt-Ste et CGT Educ’action.

La plupart des manifestants se sont dits d’accord sur la nécessité de réformer les rythmes scolaires dans le primaire, mais rejettent les modalités du projet et sa mise en application par le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë. “A Paris, une coupure est prévue de 11h30 à 14h15. C’est de la surveillance qui est prévue, pas des activités”, a déploré Leïla Chevet, enseignante en CM1-CM2 dans le XIVe arrondissement. “Il n’y a pas de budget pour la réforme. J’ai beaucoup de crainte pour la rentrée 2013”, regrette Isabelle Renault, enseignante en CE1 dans le XVIIe. “Il faut revoir les rythmes avec un impératif pédagogique. Pour l’instant, il n’y en a pas”, a déclaré Pauline Le Clerq, enseignante de CM1 dans le XVIIIe, responsable SE-Unsa. “Les délais ont été trop courts pour faire quelque chose d’ambitieux et réaliste”, dit-elle, regrettant l’absence de concertation avec les enseignants.

Jérôme Lambert, du principal syndicat du primaire SNUipp-FSU Paris, a fustigé une “réforme mauvaise qui ne va pas dans le sens de la réussite des élèves et dégrade les conditions de travail des enseignants”. “Peillon nous écoute mais ne nous entend pas”, a-t-il dénoncé, se réjouissant d’un mouvement de grève à Paris “massif et inédit”. Son syndicat propose notamment l’organisation d'”états généraux pour l’école à Paris” sur une période d’un an. Une délégation de l’intersyndicale qui devait être reçue à l’issue de la manifestation par des élus de la Mairie de Paris a finalement refusé de s’y rendre. “On avait demandé à être reçus à 16h. On nous a dit 18h. Et pendant ce temps là le Maire de Paris dit qu’il ne reculera pas. Nous sommes excédés”, a déclaré M. Lambert pour justifier ce refus. “On leur avait proposé 16h30. On est à leur disposition pour les recevoir”, a fait savoir de son côté la Mairie de Paris.

Bertrand Delanoë a assuré mardi matin qu’il ne “reculerait pas” sur la réforme des rythmes scolaires, même s’il s’est dit prêt à “écouter tout le monde” lors de la cérémonie de ses voeux à la presse à l’Hôtel de Ville. Un projet de décret gouvernemental prévoit de rétablir la semaine de 4,5 jours à la rentrée 2013, sauf dérogations. Il demande aux communes de se déterminer avant le 1er mars pour une mise en oeuvre à la rentrée 2013 ou 2014. M. Delanoë a annoncé le 10 janvier son souhait de voir la réforme s’appliquer dès 2013 à Paris.

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