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Les entreprises impliquées dans la marée noire s’expliquent au Sénat

Les sénateurs américains tentaient mardi de débrouiller l’écheveau des responsabilités des acteurs impliqués dans l’explosion d’une plateforme pétrolière dans le golfe du Mexique suivie d’une marée noire, une catastrophe comparée par l’un d’eux au naufrage du Titanic.

Lamar McKay, président de BP America, l’exploitant de la plateforme, devait venir témoigner devant la commission de l’Energie et des ressources naturelles, de même que les responsables de Transocean, la société propriétaire, et de Halliburton, qui y avait effectué des travaux techniques.

L’explosion de la plateforme le 20 avril, suivie de son naufrage deux jours plus tard, a provoqué la mort de 11 personnes et une fuite de pétrole toujours en cours, qui déverse quelque 800.000 litres de brut par jour dans l’océan et menace les côtes, de la Louisiane à la Floride.

“S’il s’agit d’une nouvelle catastrophe de l’ère moderne due à la défaillance de systèmes technologiques (…) nous allons sans doute découvrir qu’il y a eu des erreurs en série: techniques, humaines, et en matière de régulation”, a déclaré le démocrate Jeff Bingaman, président de la commission, citant en exemple le naufrage du Titanic, l’accident de la centrale nucléaire de Three Mile Island et l’explosion de la navette Challenger.

“Le forage ne se fera jamais sans risque”, a souligné quant à elle la républicaine Lisa Mukorski, mais l’industrie et les régulateurs ne devraient “jamais pécher par excès de confiance” en matière de sécurité.

Des manifestants avaient accueilli l’ouverture de cette audition. Les uns arboraient une larme peinte en noir en signe de protestation tandis que les autres criaient: “BP tue la faune, BP tue les gens, BP tue la planète”.

D’autres manifestants ont également interrompu brièvement l’audience marquant le lancement de l’enquête officielle par les garde-côtes américains, dans la banlieue de La Nouvelle-Orléans (Louisiane, sud), pour réclamer la transparence et protester contre l’usage de produits dispersants.

Lors de l’audience, le républicain John Barrasso a tancé les industriels pour leur stratégie du “c’est pas moi, c’est lui”.

Le PDG de BP America, Lamar McKay, assure dans un document transmis au Sénat avant l’audition que l’enquête interne de BP “n’a pas encore abouti à des conclusions” sur les causes de l’accident. Mais il oriente les soupçons vers Transocean, soulignant que la société était responsable d’une pièce cruciale d’équipement qui n’a pas fonctionné après l’explosion, empêchant de reprendre le contrôle du puits.

Le patron de Transocean, Steven Newman, écrit dans ses propres remarques que mettre en cause cette valve de 450 tonnes “n’a tout simplement pas de sens”, et renvoie la balle à BP.

Mais M. Newman accuse aussi Halliburton, qui a réalisé le coffrage en ciment du puits et la fabrication d’un bouchon temporaire en ciment pour la tête du puits.

Réponse du berger à la bergère, un responsable de Halliburton, Tim Probert, affirme quant à lui dans ses notes que les travaux de maçonnerie en ciment étaient terminés 20 heures avant l’explosion, dans le respect des normes en vigueur. Quant au bouchon, il n’a pas pu être installé avant l’explosion, qui s’est produite à un moment où Transocean travaillait sur le puits, souligne-t-il.

La Maison Blanche a annoncé mardi de son côté qu’un organe indépendant de surveillance du secteur pétrolier allait être créé, à la suite d’accusations de collusion entre l’industrie et l’administration.

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