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Les Etats-Unis bouclent sur une note morose une année noire pour l’emploi

Les Etats-Unis ont conclu sur une note morose une année 2009 terrible pour l’emploi, décembre ayant été marqué de nouveau par de forts licenciements nets après un retour fugace à la création d’emplois le mois précédent.

La première économie mondiale a détruit 85.000 emplois en décembre (en données corrigées des variations saisonnières), après avoir été créatrice nette de postes (4.000) en novembre pour la première fois en près de deux ans, indique le rapport mensuel sur l’emploi du département du Travail américain publié vendredi.

La dégradation de décembre est bien pire que ne l’attendaient les analystes, qui tablaient, selon leur consensus médian, sur une destruction d’emplois nette de zéro.

Les chiffres du ministère révèlent par ailleurs que l’emploi a baissé de 3% aux Etats-Unis en 2009, du jamais vu depuis 1949. En valeur absolue, le nombre des emplois détruits pendant l’année (4,6 millions) est le plus élevé dans les annales du département du Travail, qui remontent à 1939.

Malgré la hausse des destructions d’emplois, le taux de chômage américain est resté stable à 10% en décembre, du fait d’une baisse de la population active liée notamment à l’exclusion de nombreux chômeurs dits “découragés”.

Ce taux de chômage officiel ne donne qu’une idée partielle du fléau: si l’on tient compte de la population active véritable et des personnes que la conjoncture contraint de travailler à temps partiel, le taux de chômage réel atteint 17,3%, ce que donne une idée de l’ampleur des difficultés éprouvées par de nombreux Américains.

Une enquête publiée cette semaine par le cercle de réflexion Brookings a montré une hausse préoccupante du nombre d’enfants vivant dans la pauvreté: ils étaient 3,4 millions en août à dépendre des bons alimentaires publics pour se nourrir, soit 24% de plus qu’un an plus tôt.

La quasi-totalité des destructions d’emplois nettes de décembre ont eu lieu dans l’industrie, en déclin depuis plusieurs années. Les services, qui représentent environ 80% du PIB américain ont détruit 4.000 emplois après être parvenus à créer 62.000 postes en novembre.

Comme le mois précédent, les services aux entreprises, l’éducation et la santé ont créé plus d’emplois qu’ils n’en ont détruit. Ils ont été rejoints par la finance (+4.000): ce secteur, à l’origine de la crise, est l’un des premiers à en sortir.

Les créations d’emplois temporaires (première étape avant la création d’emplois définitifs) ont encore augmenté en décembre, mais moins que le mois précédent. En revanche, la hausse tant attendue des heures travaillées n’a pas eu lieu.

Cela va dans le sens du pronostic publié vendredi par la banque centrale américaine (Fed). Notant une “faiblesse aggravée du marché du travail”, celle-ci s’est inquiétée du fait que “le ralentissement de la baisse de l’emploi” observé depuis le printemps reflète “surtout un ralentissement du rythme des licenciements”: peu d’entreprises embauchent.

Christina Romer, conseillère économique du président américain Barack Obama, a reconnu sur la télévision CNBC que les chiffres de décembre étaient un “revers” mais a rappelé qu’au début de l’année, les Etats-Unis perdaient plus de 650.000 emplois par mois.

Les Etats-Unis sont sortis en août de la récession dans laquelle ils étaient entrés en décembre 2007. La Fed prévoit que la reprise sera très longue, entravée notamment par la persistance d’un chômage qui devrait augmenter encore au cours des mois à venir.

Pour tenter de gagner la bataille de l’emploi, le gouvernement Obama veut réorienter une partie de l’aide prévue initialement pour les banques au profit des petites entreprises, qui sont le moteur de la création de postes.

 

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