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« Les États-Unis ont pris trop de retard durant les années Bush »

Ancien directeur de Greenpeace et député européen depuis juin dernier, Yannick Jadot a soutenu la cause environnementale sur tous les fronts. Aujourd’hui membre d’Europe Écologie, il représente le mouvement vert lors de la conférence sur le climat de Copenhague qui se tient jusqu’au 18 décembre.  Pour lui, les États doivent agir ensemble maintenant. Retrouvez l’interview en intégral dans notre numéro de décembre 2009. Vous pouvez vous abonnez à France-Amérique en cliquant ici.

France-Amérique : En quoi le sommet de Copenhague sur le climat est-il crucial ?

Yannick Jadot : C’est le moment pour les chefs d’État et de gouvernement de négocier un nouvel accord international sur le climat, qui prendra le relais du protocole signé à Kyoto en 1997. Ce dernier fixait des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2012. Il a joué un rôle important, en offrant à la négociation climatique un cadre au sein des Nations unies, et en posant le principe de la « responsabilité commune différenciée » : nous sommes tous coresponsables du climat, mais les pays riches ont une responsabilité supérieure puisqu’ils émettent 80 % des gaz à effet de serre aujourd’hui concentrés dans l’atmosphère. C’était un premier pas majeur, mais il faut maintenant aller plus loin dans notre lutte contre le réchauffement climatique.

F.-A. : Quels sont les risques climatiques aujourd’hui ?

Y. J. : Si nous poursuivons sur le même rythme, la température mondiale augmentera d’au moins 4 degrés d’ici à 2100, une catastrophe absolue de l’avis de tous les scientifiques. Rendez-vous compte : il a fallu plusieurs dizaines de milliers d’années pour connaître une pareille augmentation, et nous la réaliserions en à peine un siècle ! La nature n’aura évidemment pas le temps de s’adapter à un tel bouleversement, ce qui entraînera des phénomènes météorologiques incontrôlables à l’échelle de la planète. Pour limiter l’augmentation de la température mondiale à 2 degrés d’ici à la fin du siècle, seul plafond tolérable, nous devrions réduire nos émissions de gaz de 90 % avant 2050, et donc de 40 % avant 2020.

F.-A. : Sommes-nous en passe de réaliser ces objectifs ?

Y. J. : On en est encore très loin ! Selon les scientifiques, 2015 sera un point de non-retour : si nous ne sommes pas présents à ce rendez-vous, il sera quasi impossible de rattraper le retard accumulé. La conférence sera donc un rendez-vous décisif : il faudra prendre des décisions essentielles à Copenhague afin d’enclencher très tôt des politiques ambitieuses. Tous les groupes du Parlement européen s’accordent sur ces chiffres : il faut aller au-delà des 20 % de réduction aujourd’hui proposés par les États européens, et garantir un effort financier considérable, à hauteur de 100 à 120 milliards d’euros par an, afin d’aider les pays du Sud à résister au réchauffement climatique. Malheureusement, les négociations ont pris du retard et certains pays, à commencer par les États-Unis, arrivent mal préparés.

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