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Les Etats-Unis saluent la mémoire de JFK, assassiné il y a 50 ans

La mémoire de John F. Kennedy était honorée vendredi à travers les Etats-Unis, et en d’autres endroits du monde, 50 ans jour pour jour après l’assassinat de ce président qui reste au Panthéon des grands hommes d’Etat américains.

A 12h30, une minute de silence devait être observée à Dallas pour marquer l’instant précis où John F. Kennedy est tombé, le 22 novembre 1963 à Dealey Plaza, sous les balles de Lee Harvey Oswald, selon l’enquête officielle de la Commission Warren. “C’est incroyable de penser qu’une seule personne, une famille, a été capable de faire une telle différence”: Caitlin Coffey, étudiante de 22 ans, est venue spécialement de Toronto pour rendre hommage à JFK sur sa tombe, au cimetière militaire d’Arlington, près de Washington.

Tom Brown, 71 ans, fonctionnaire à la retraite, a lui aussi tenu à être présent pour cette journée particulière : la mort de JFK “fut un énorme choc pour le monde entier”, souligne-t-il. “Cinquante ans plus tard, nous n’avons pas oublié. Nous voulons saluer l’homme et sa présidence”. Une gerbe de fleurs a été déposée sur la tombe et deux joueurs de cornemuse, des soldats du régiment Black Watch de l’armée britannique, ont joué plusieurs morceaux. “Des membres des Black Watch avaient joué lors de ses funérailles il y a 50 ans, nous sommes la nouvelle génération”, a expliqué l’un des musiciens écossais, vêtu d’un kilt, devant la flamme éternelle brûlant sur la tombe de l’ex-président.

Tous les drapeaux ont été mis en berne aux Etats-Unis pour célébrer la mémoire de l’ancien président. Barack Obama a proclamé le 22 novembre “jour du souvenir du président John F. Kennedy”. “Faisons fructifier son héritage, aujourd’hui et dans les décennies à venir”, a-t-il écrit. “Affrontons les épreuves actuelles dans l’esprit qu’il incarnait: Ce caractère courageux et résistant, si typiquement américain qui a toujours conduit notre pays à braver l’adversité, à écrire notre propre destin et à construire un monde nouveau”.

Dans tout le pays, messes, minutes de silence ou lectures étaient organisées pour se recueillir et célébrer la mémoire du 35e président. De l’autre coté de l’Atlantique, on commémore également l’assassinat de Kennedy. A Berlin, un dépôt de gerbe est prévu devant la mairie de quartier de Schöneberg, où Kennedy avait prononcé son fameux discours à Berlin-ouest: “Ich bin ein Berliner”. A Londres, le musée d’art moderne Tate Modern expose l’unique peinture contemporaine connue de l’assassinat de JFK à Dallas.

Le “mythe Kennedy”, à jamais jeune, beau et le premier président de plain-pied dans la modernité, est intact un demi-siècle plus tard dans le coeur des Américains. Les trois quarts d’entre eux placent JFK en tête de la liste des dirigeants américains modernes qui resteront dans l’Histoire comme “remarquables”, devant Ronald Reagan et Bill Clinton, selon un sondage Gallup.

“Ich bin ein Berliner”

John F. Kennedy, qui est né dans une famille riche et influente de Boston (nord-est), a été le plus jeune président élu et le premier président catholique, incarnant une ère pleine d’espoir pour la génération du baby-boom. De son mandat, l’Histoire se souvient de sa partie de bras de fer avec l’Union soviétique pendant la “crise des missiles”, la déroute de la Baie des Cochons, débarquement raté des anticastristes à Cuba et le lancement du programme Apollo pour envoyer un Américain sur la Lune.

Son “Ich bin ein Berliner” dans Berlin divisé entre Est et Ouest et le “Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays”, lancé le jour de son investiture, sont inscrits dans la mémoire mondiale. Mais le mythe est aussi celui de “Camelot”, cette cour du roi Arthur transposée à la Maison Blanche, avec une épouse, Jackie, jeune, belle et au chic impeccable, et ses jeunes enfants jouant dans le Bureau ovale.

Le moment de l’annonce de la mort du président et les images de son assassinat dans une limousine décapotable, Jackie en tailleur Chanel rose à ses côtés, font toujours partie de la mémoire collective. Tous les lieux portant la marque Kennedy ont prévu un programme de commémoration: moment de silence et musique à la bibliothèque présidentielle JFK de Boston, messes et crêpes noirs au musée JFK de Hyannis, lieu de vacances familial, prières à l’université JFK de Pleasant Hill, en Californie. Une gerbe devait être déposée près de son buste au Kennedy Center, la grande salle de spectacles de la capitale, avant une minute de silence.

Des dizaines d’émissions et reportages devaient être diffusés vendredi. Nombre de livres, films et documentaires ont été publiés ou diffusés depuis déjà des semaines aux Etats-Unis pour explorer le mythe Kennedy. La Bibliothèque publique de New York devait organiser une exposition de lettres de condoléances envoyées à Jackie Kennedy. La fille de JFK, Caroline Kennedy, ne sera quant à elle pas présente à ces cérémonies. Elle vient d’ouvrir un nouveau chapitre de sa vie en devenant, il y a quelques jours, ambassadeur des Etats-Unis au Japon.

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