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Les Français d’Amérique du Nord aux urnes samedi

Problèmes techniques, mésinformation, désintéressement. Les Français d’Amérique du Nord boudent largement les élections législatives. Session de rattrapage à l’urne ce samedi pour le second tour !

A la veille du vote à l’urne, samedi 16 juin, ils ne sont que 19 614 à avoir voté par Internet pour le deuxième tour (12,47% de taux de participation), contre 22 088 au premier tour (14,04% de participation). Une mobilisation en baisse qui peut s’expliquer en partie par les problèmes logistiques rencontrés par de nombreux électeurs au moment du vote informatique, le scepticisme des Français de l’étranger quant au rôle du député et le désintérêt des exilés de longue date pour la politique métropolitaine.

La mésinformation des Français de l’étranger, en dépit des appels au vote relayés par les instances diplomatiques et les médias français locaux – dont France-Amérique -, est aussi à prendre en compte. La participation aux élections législatives est une première pour les Français des Etats-Unis et du Canada qui auront désormais un représentant à l’Assemblée nationale. Jusque-là, les Français établis hors de France étaient représentés par 12 sénateurs, élus au suffrage indirect via l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). La réforme constitutionnelle de juillet 2008 a décidé qu’ils seraient également représentés à l’Assemblée nationale par un député élu au suffrage universel direct. Pour un mandat de 6 ans, comme les sénateurs.

Une chance pour les expatriés de faire entendre leur voix sur des sujets locaux comme l’enseignement du français, l’accès au crédit pour les nouveaux arrivants ou l’immobilier. Les Français d’Amérique du Nord auront le choix samedi entre les deux candidats présents au second tour : Corinne Narassiguin (PS-EELV) et Frédéric Lefebvre (UMP). 157 272 électeurs peuvent voter ce samedi pour les départager. Aux urnes citoyens !

 

Corinne Narassiguin, PS – Europe Ecologie Les Verts, 36 ans

Vice-présidente, spécialiste de la gestion du risque opérationnel et technologique au sein d’un groupe bancaire américain

Investie par le Parti socialiste en juin dernier, Corinne Narassiguin a fait de l’éducation une priorité. “Il y a un énorme gaspillage d’argent sur la prise en charge qui se fait sans condition de revenus. Pour certains parents, c’est une aide dont ils n’ont pas besoin”, remarque-t-elle tout en appelant à une réforme du système des bourses et à la régionalisation des barèmes. En faveur d’une plus grande mobilité internationale, elle souhaite aussi faciliter la vie des Français qui souhaitent s’expatrier. “Il faut continuer à travailler sur les équivalences de diplômes, améliorer les conventions fiscales et permettre le cumul de différentes conventions de retraites pour éviter les pénalités de carrières incomplètes”. Au niveau social, Corinne Narassiguin milite en faveur de la création d’un revenu de solidarité active (RSA) consulaire afin de “soutenir la formation et d’aider les personnes qui ont perdu leur emploi à l’étranger”. Son programme vise aussi à aider les personnes à très faibles revenus à accéder à une assurance médicale et promeut la réforme de la gouvernance de la Caisse des Français de l’étranger.

L’interview de Corinne Narassiguin par France-AmériqueSa profession de foi – Son site internet

 

Frédéric Lefebvre, UMP, 48 ans

Ancien secrétaire d’Etat chargé du Commerce

Son investiture a fait couler beaucoup d’encre. Remplaçant Christine Lagarde (pressentie pour être la candidate UMP de ces législatives sur le sol américain avant de prendre la tête du FMI), Frédéric Lefebvre a débuté en politique à ses côtés à Bercy et a endossé l’image du parachuté de Nicolas Sarkozy outre-Atlantique. Mais le candidat de l’UMP s’en défend : “Depuis de nombreuses années, ma famille vit aux quatre coins de l’Amérique du Nord. Enfant, j’ai vécu plusieurs années auprès de mon père, médecin attaché à l’hôpital de New York”. Frédéric Lefebvre mise sur son expérience à l’Assemblée nationale pour se différencier des autres candidats, notamment des dissidents à droite : “On ne s’improvise pas député en trois mois. J’ai une expérience, un savoir-faire parlementaire, une parfaite connaissance des rouages administratifs à Paris, où tout se joue”. S’il est élu, il entend “simplifier la vie des citoyens, des acteurs économiques” et tout faire pour maintenir la gratuité dans les Lycées Français.

L’interview de Frédéric Lefebvre par France-AmériqueSa profession de foi – Son site internet

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