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Les Français de Santa Fe : petit kaléidoscope

Patrick Girault, un sculpteur atypique

L’atelier de Patrick Giraut est une véritable caverne d’Ali Baba : sculptures, dessins, peintures mais aussi grandes valises et sacoches de cuir , tous ces objets d’art sont l’œuvre du même homme, un Français aux yeux clairs habité par son travail d’artiste. Son parcours est digne d’un roman. Patrick baigne dans la littérature et le milieu de l’art dès son plus jeune age : son grand père, écrivain et critique d’art au Figaro est aussi un grand ami du poète Mistral. À l’age de 7 ans, Patrick commence a sculpter après avoir découvert que la terre séchée de ses habits salis pouvait servir à donner forme à des objets. « Mes premières sculptures furent des billes avec lesquelles je jouais à l’école à l’heure de la récréation », raconte-t-il. « Puis, je me suis aussi créé toute une armée napoléonienne. J’avais plus d’une centaine de soldats en argile. »

Apres avoir servi comme chasseur alpin pendant un an à Annecy, Patrick parcourt le monde : il travaille à bord d’un pétrolier pendant quelques années ce qui ne l’empêche pas d’emporter ses outils de sculpteur avec lui. Il finit par s’installer en Californie mais est soudainement paralysé et doit abandonner ce qu’il aime le plus au monde, la sculpture. Un ami lui propose alors de travailler comme chercheur au laboratoire atomique de Los Alamos. Le laboratoire l’envoie deux ans à Harvard ou il se spécialise dans l’ergonomie (l’étude scientifique des conditions de travail) avant de revenir mettre ses compétences au service de la protection nucléaire. « La question de la bombe atomique et de l’arme nucléaire ont toujours animé les débats moraux. Mais lorsque je suis arrivé à Los Alamos, ces armes existaient, c’était un fait. L’essentiel était alors de savoir comment les manipuler sans danger. Ces armes avaient été créées sans qu’aient vraiment été envisagés les risques énormes que pouvait représenter une mauvaise manipulation ». Patrick se remet peu à peu à la sculpture. « Aujourd’hui mes œuvres sont ce que je suis le plus fier d’avoir accompli dans ma vie », explique Patrick. Il suffit de visiter son atelier de Santa Fe pour comprendre pourquoi.

Un coin de Provence au milieu du désert

« La lumière, le climat et la végétation de Santa Fe me font beaucoup penser a la Haute Provence », raconte le propriétaire français d’une galerie sur Canyon Road. Pas étonnant alors que Malika Brunet et son mari Christophe aient choisi d’installer leur boutique de produits provençaux sur West San Francisco Street à deux pas du centre historique de Santa Fe. « Nous sommes venus nous installer aux États-Unis un peu par hasard ! Nous avions un commerce de produits provençaux à Hyères dans le Var mais qui ne nous permettait pas de vivre convenablement malgré le travail que nous fournissions. Un jour, nous sommes entrés en contact avec l’ancien propriétaire du magasin que nous possédons actuellement et il nous a dit qu’il comptait prendre sa retraite. En octobre 2005, nous partions visiter sa boutique de Santa Fe. Il ne nous a fallu que 5 minutes pour faire le choix de quitter la France ! Tout nous semblait évident : la ville, les gens, le commerce… Nous ne parlions pas anglais, mais nous avons déménagé en janvier 2006 avec un visa E2. Les nombreux Français des alentours nous ont aidés à surmonter nos problèmes de langue. Deux ans plus tard, nous ne regrettons pas un seul instant le choix que nous avons fait et si c’était à refaire, nous le referions sans hésiter un seul instant. »

La boutique de Malika et Guy vend du tissu provençal, des nappes, des faïences, de la lavande, des savons, des couteaux Laguiole et encore beaucoup d’autres produits importés directement de Provence.

Christine Brunet Lecomte et Sylvie Eyral : deux adeptes de la médecine douce

Santa Fe est un haut lieu de la médecine non conventionnelle, ces méthodes de traitement qui reposent sur des coutumes ou des traditions ancestrales. Dans les années 1960 et 1970, de nombreuses personnes appartenant à la mouvance New Age viennent s’installer à Santa Fe notamment pour y développer la médecine douce, déjà pratiquée dans les tribus indiennes de la région. Ainsi en 1979, le Schere Institute, école de massage et institut de guérison naturelle est créé. Une des autres écoles de massage de Santa Fe propose des cessions d’ortho-bionomie (proche de l’ostéopathie) ou des massages Paki Lomi (massages hawaïens).
Christine Brunet Lecomte est française et pratique le Shiatsu, une méthode basée sur la médecine traditionnelle chinoise, selon laquelle la maladie est le résultat d’un déséquilibre dans le flux naturel d’énergie. En 2007, elle part s’installer à Santa Fe pour passer un diplôme de cranio sacral thérapeute. « Le Shiatsu et la thérapie cranio-sacrale me permettent toutes les deux de me rapprocher de la vie spirituelle. Elles me rendent plus proches de ceux que je soigne. » Sylvie Eyral, elle, vit à Santa Fe depuis 1992. Elle exerce en tant que psychothérapeute psycho-coporel et est spécialisée dans le traitement de troubles tels que le stress, l’anxiété ou la dépression. « L’approche verbale et émotionnelle se complète par une approche corporelle fondée sur le fait que tout évènement marquant est inscrit dans le corps et tout particulièrement dans le système nerveux », explique-t-elle. « Ce travail apprend à repérer et à suivre le fil de ses sensations corporelles pour pouvoir libérer progressivement et en toute sécurité l’énergie de survie mobilisée lors d’un choc ou d’un traumatisme ancien. » Avec un praticien pour 27 habitants (contre 1 pour 200 en moyenne aux USA), les Français de Santa Fe peuvent dormir sur leurs deux oreilles !

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