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Les Français du Canada privés de vote ?

La France reste déterminée à organiser les élections législatives au Canada contre l’avis d’Ottawa, quitte à provoquer un incident diplomatique.

“Nous n’aurions jamais dû demander l’accord des autorités canadiennes mais tout simplement voter, comme nous le faisons depuis des années”. François Lubrina, élu AFE et délégué de l’UMP au Québec, regrette que la France ait alerté Ottawa sur la tenue d’élections législatives françaises sur le territoire canadien. Selon lui, François Saint-Paul, directeur des Français de l’étranger, n’aurait jamais dû faire de demande formelle à Ottawa. “On savait quelle allait être la réponse du gouvernement très nationaliste de M. Harper”. Le Premier ministre canadien et chef du parti conservateur (PCC) voit en effet d’un très mauvais oeil la tenue d’élections de groupes ethniques” sur son territoire. Et la France n’est pas le premier pays à rencontrer ce problème…

Le 23 octobre dernier, la Tunisie n’a pas pu établir de bureaux de vote en dehors des locaux diplomatiques. Un encadrement très insuffisant pour les 17 000 Tunisiens qui étaient pourtant bien décidés à faire entendre leur voix pour cette élection historique, après le renversement du régime de Ben Ali. A en croire Joseph Lavoie, attaché de presse de John Baird, le ministre des Affaires étrangères canadien, la France va subir le même traitement. “Aucune autorisation n’a été donnée (…) Nous avons convoqué l’ambassadeur de France pour lui dire notre déception suite à la décision du gouvernement français d’ignorer les règles canadiennes, destinées à conserver une souveraineté”, assure-t-il dans les colonnes du journal National Post.

Malgré ces déclarations sans équivoque, la France reste confiante sur la tenue des élections législatives en juin prochain. “La participation des Français établis au Canada aux élections législatives françaises de 2012 sera organisée de façon à leur permettre d’exercer pleinement leur droit de vote, dans le respect du droit canadien”, affirme le porte-parole adjoint du Quai d’Orsay, Romain Nadal. Si en apparence la France semble sûre d’elle, il se murmure que le gouvernement français aurait demandé au Franco-Canadien Thomas Mulcair, chef de l’opposition et adversaire principal du Premier ministre Stephen Harper, de jouer un rôle de médiateur entre les deux pays.

Sollicité par France-Amérique, Thomas Mulcair n’a pas répondu à nos questions. Mais déjà, le PCC dénonce l’intervention de ce parlementaire, l’un des rares à avoir publiquement confirmé sa double-nationalité franco-canadienne. “Actuellement il ne fait pas bon être Français ou même Franco-Canadien”, confirme François Lubrina.

Des bureaux de vote clandestins ?

Comme il n’y a que six consulats au Canada – Calgary, Vancouver, Toronto, Montréal, Québec et Moncton – et une ambassade à Ottawa, il sera difficile pour les 70 000 votants potentiels basés au Canada de se rendre aux urnes. Un obstacle qui devrait favoriser la mise en place de bureaux de vote clandestins, en dehors des ambassades et consulats, et donc officiellement illégaux.

C’est principalement à Québec que le problème risque de se poser. En effet, comment faire voter les 8 950 Français inscrits sur les listes électorales ? “Nous avons prévu d’organiser plusieurs bureaux de vote dans le collège Stanislas de Québec. Au pire, il y aura un petit incident diplomatique”, confirme François Lubrina.

Si aucun arrangement n’est trouvé entre les deux pays, la France regardera de près les élections législatives algériennes, qui se tiendront un mois avant les françaises. Les autorités algériennes ont déjà prévenu qu’elles pourraient organiser des bureaux de vote itinérants, contre l’avis d’Ottawa.

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