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Les Français et l’art (pas toujours maîtrisé) du “date”

Plus besoin de déménager aux Etats-Unis pour savoir ce qu’est un date. Les aficionados de Friends, Sex & The City ou Gossip Girl connaissent déjà le concept mais le maîtriser est une autre histoire.

Avant de trouver l’amour de sa vie – un Français vivant à Philadelphie – la journaliste Laure Danglade s’est pendant longtemps pliée aux joies du dating. Une expérience qui l’a amenée à écrire son premier roman, Petits rendez-vous américains, paru aux Etats-Unis en décembre 2012. Une fiction en franglais sur les différences culturelles dans les relations amoureuses entre Français et Américains. “Le date est un jeu innocent auquel tous les jeunes Américains se prêtent. Ce qui facilite la rencontre au premier abord”, relève la Française.

C’est passé ce premier abord que tout se complique. Là où le Français espère un rendez-vous galant qui pourrait marquer le début d’une relation, l’Américain ne voit qu’un entretien parmi tant d’autres. Un début de relation qui n’exclue pas de voir d’autres partenaires. “C’est assez déroutant au début de comprendre que la notion d’exclusivité n’existe pas dans les trois, quatre premiers mois d’une relation aux Etats-Unis”, affirme Laure Danglade. Une polygamie décomplexée qui n’a pas que des inconvénients ajoute-t-elle : “ça a le mérite d’être honnête. Le cadre des campus universitaires aux Etats-Unis fait que l’on rencontre denouvelles personnes tous les jours. Les Américains ne veulent se fermer aucune porte tant qu’ils ne sont pas sûrs qu’ils sont vraiment attachés à quelqu’un”.

Ce contrat de non-exclusivité semble en dérouter plus d’un : en témoignent les nombreux articles de blogs ou les discussions sur les forums à ce sujet. “J’ai du mal aussi à saisir ce concept. Je trouve ça assez consumériste en fait comme approche : je teste tout et je choisis ce que je préfère”, note par exemple avec humour Emilie. “Les Américains ont toujours un plan B ou C qui les attend, et on devient alors de simples bouées de sauvetage”, regrette Anne, auteure du blog Journal d’une française à Los Angeles.

Les règles tu suivras

Très pragmatiques, les Américains ont des codes bien établis. On ne couche pas avant le troisième date par exemple, découvre Aurélie, le personnage de Petits rendez-vous américains. Les premières rencontres sont si codifiées qu’il fallait bien un best-seller, intitulé All the rules, pour savoir ce que l’on peut faire ou non lors des premiers tête-à-têtes amoureux. On y apprend par exemple que c’est à l’homme de payer l’addition et que le rendez-vous ne doit pas durer plus de deux heures. Et c’est au garçon de reprendre contact après le premier date. “Il ne faut pas s’étonner s’il n’envoie pas un sms dès le lendemain. La règle des trois jours est primordiale aux Etats-Unis. Il faut avoir l’air d’être occupé”, affirme Laure Danglade.

Des règles, encore des règles. “Où sont le hasard et la petite étincelle chers aux Français ?”, se demande Anne. Un manque de romantisme qui en désespère plus d’un. “Les Français sont passionnés dès le début de la relation, d’où cette image de romantisme que l’on renvoie. L’Américain va attendre plusieurs mois avant de se révéler comme l’homme parfait”, affirme Laure Danglade. “Il ne faut surtout pas étouffer l’Américain ! C’est un être sauvage, qui prendra ses jambes à son cou si vous parlez de relation. Il y a d’ailleurs des mots à ne jamais prononcer lors du premier date, même pour faire une blague : enfant, mariage, engagement”, soupire Anne. Déçue du manque de naturel des Américains dans les relations, Anne ne sort désormais plus qu’avec des Français, même à Los Angeles. “Je suis sincère dans ma démarche. Si je veux téléphoner, je téléphone. J’en avais marre de toujours refléchir à ne pas faire quelque chose de travers”.

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