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“Les Français n’ont pas le monopole des manifestations”

Environ cinq cents personnes se sont réunies dans le sud de Manhattan pour fêter le premier anniversaire du mouvement Occupy Wall Street. Avec un message très clair, mettre fin au règne de l’argent en politique.

“Happy Birthday Occupy”. En chœur et en chansons, les manifestants scandent les mêmes slogans qu’il y a un an. Bloqués par la police à Zuccotti Park, ils se sont cette fois réunis à Bowling Green, à quelques rues de Wall Street. L’ambiance est assez détendue malgré les arrestations, tôt ce matin, de quelques manifestants qui avaient essayé de s’approcher du New York Stock Exchange. Les Occupiers défendent tout à tour Wikileaks, le droit à l’avortement, l’énergie renouvelable et s’indignent devant les compagnies de pétrole, les multinationales, les banques et les politiciens. Mais dans un souci de clarté évident, le mouvement a décidé de porter une revendication en particulier : la fin du lobbying des grandes sociétés auprès des politiciens.

Un message qu’est venue porter Madeleine Boucher, une Franco-Américaine de 17 ans. Assise devant les fleurs du parc de Bowling Green, la jeune fille porte vigoureusement un panneau Get Up, Stand Up. “Les gens doivent savoir que si l’on ne fait rien, la situation ne va pas s’améliorer. Voter n’est plus suffisant aujourd’hui.” Venue défendre le mouvement Occupy Wall Street avec l’accord de ses parents, elle avoue avec fierté être la première de sa famille à manifester. “Mes grands-parents français n’étaient pas du genre à marcher dans la rue. Je ne tiens pas ça d’eux. C’est bien de voir que les Américains aussi savent prendre des risques pour défendre leurs idées. Les Français n’ont pas le monopole des manifestations !” En novembre prochain, Madeleine compte bien faire entendre sa voix pour sa toute première élection. Elle hésite encore à voter pour l’un des petits partis, ou pour un indépendant. Mais sa voix n’ira sûrement pas aux républicains, ni aux démocrates.

“Qu’a fait Barack Obama depuis un an ?”

Jill Stein, candidate du Parti vert à l’élection présidentielle américaine, a décidé de prendre part au rassemblement. Et l’accueil d’Occupy Wall Street a été des plus chaleureux. “Elle veut redonner le pouvoir au peuple”, affirme Diane, 70 ans passés, “avec cette mentalité de jeune activiste qu’elle était dans les années 60 !” Avec plusieurs de ses amies, Diane a décidé de battre le pavé pour dénoncer l’amendement de la constitution américaine, qui stipule que “corporations are people”. Si Jill Stein est sa candidate favorite, Diane hésite encore à voter pour Barack Obama, dans l’optique de faire barrage au Tea Party. “J’ai le rêve que Barack Obama va être élu avec un congrès très progressiste et qu’il va changer la manière de faire de la politique. Mes amies n’y croient pas mais moi je garde espoir”.

Arrêté par les forces de l’ordre à Zuccotti Park l’année dernière, Ray Lewis ne croit plus au rêve. “Qu’a fait Barack Obama depuis un an et le début d’Occupy Wall Street ? Il aurait pu nous défendre, ou au moins nous écouter.” Ancien capitaine de police à Philadelphie, aujourd’hui retraité, il a décidé de venir en uniforme pour montrer que les policiers ne font qu’obéir aux ordres. “C’est la même chose en politique, les politiciens s’inclinent devant les grandes sociétés. La politique n’est plus qu’une affaire de pot-de-vin aujourd’hui. L’argent corrompt les élections américaines.”

Après un sit-in dans Battery Park, une marche devrait être organisée dans l’après-midi, dans le quartier des affaires de Manhattan. D’autres actions pourraient également avoir lieu dans les jours qui viennent. Le mouvement, qui a perdu de son ampleur en un an, se réveille à moins de deux mois de l’élection présidentielle. Selon Mark Bray, l’un des porte-parole d’Occupy Wall Street, “le mouvement compte bien perturber l’élection”.

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