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Les Français pessimistes pour 2013 selon un sondage

Pessimisme sur l’avenir du pays, défiance massive à l’égard de la mondialisation, de l’Europe, de la démocratie, des médias, de l’immigration, de l’islam : un sondage Ipsos publié jeudi manifeste un repli sur soi de la société française.

“Les Français – du moins la grande majorité d’entre eux – semblent avoir peur de tout” et, quand ils se prononcent sur les “moyens de redressement, ils répondent: redressement de l’autorité et repli sur le pré carré”, a commenté l’historien Michel Winock pour Le Monde, commanditaire de cette enquête avec la Fondation Jean Jaurès et le Cevipof (Sciences-Po).

D’après cette étude réalisée ce mois-ci par internet auprès d’un échantillon représentatif d’un bon millier de personnes, une sur deux (51% contre 49%) se dit certaine que “le déclin de la France est inéluctable” (une conviction ancrée chez 77% des sympathisants du Front national). Ce sentiment est fondé sur la pénurie de travail, le chômage, cité par 56% des sondés, surpassant tous les autres sujets de préoccupation.

Plus on entre dans le concret, plus ce sentiment est fort: 90% trouvent que “la puissance économique française” a décliné, 63% que tel est aussi le cas pour le rayonnement culturel.

Il va de pair avec une frilosité extrême et une exigence de protection. Ainsi, 78% des sondés partagent l’avis qu'”on n’est jamais assez prudent quand on a affaire aux autres”, 61% perçoivent la mondialisation comme “une menace pour la France”.

La défiance l’emporte dans quasiment tous les domaines.

Concernant la politique, 72% affirment que “le système démocratique fonctionne plutôt mal en France”, car leurs idées “ne sont pas bien représentées”, et 62% vont jusqu’à dire que les responsables publics “sont corrompus” (un sentiment partagé par 51% de l’électorat de gauche).

Les médias sont éreintés: 58% pensent qu’ils “font mal leur travail”, 72% que les journalistes “sont coupés des réalités”, 73% qu’ils “ne sont pas indépendants”.

Les jugements sont plus ambivalents à l’égard de l’argent et de la justice sociale. 71% des sondés trouvent que “c’est bien de vouloir gagner beaucoup d’argent” même s’il “a corrompu les valeurs traditionnelles”. Si 58% sont pour “prendre aux riches pour donner aux pauvres”, ils sont presque aussi nombreux (56%) à penser que “les chômeurs pourraient trouver du travail s’ils le voulaient vraiment”.

Pour s’en sortir, les sondés comptent sur l’Etat-nation: près des deux tiers (65%) estiment qu'”il faut renforcer les pouvoirs de décision de notre pays même si cela doit conduire à limiter ceux de l’Europe”. Mais très majoritairement (72%), ils sont pour le maintien de la France dans la zone euro.

29% seulement jugent que “l’immense majorité des immigrés qui se sont installés en France ces trente dernières années est bien intégrée”. 70% partagent l’idée qu'”il y a trop d’étrangers en France”, 46% que “pour réduire le nombre de chômeurs, il faut réduire le nombre d’immigrés”. 57% jugent même que “le racisme anti-blanc est assez répandu en France”.

Si les religions catholique ou juive sont jugées dans l’ensemble tolérantes, 74% sont d’avis que ce n’est pas le cas de la religion musulmane qui, pour 74% des personnes interrogées, “n’est pas compatible avec les valeurs de la société française”. “L’intégrisme religieux en France” préoccupe 77% des sondés.

Selon Michel Winock, “les ingrédients du populisme sont là et dépassent les rangs des électeurs de Marine Le Pen”.

Pour relever ce qu’ils considèrent être les principaux défis, les Français misent sur l’autorité. 87% sont globalement d’accord avec l’idée qu'”on a besoin d’un vrai chef en France pour remettre de l’ordre”

 

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