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Les GRIBs de Bernar Venet exposés à Los Angeles

Les “GRIBs” du célèbre artiste français Bernar Venet, résidant aux Etats-Unis, sont exposés dans deux galeries d’art de Los Angeles jusqu’à fin septembre. Ces reliefs fabriqués à partir de plaques d’acier de 35 mm et coupées à la main avant d’être sculptés sont une extension des célèbres Lignes indéterminées en bois de l’artiste. Entretien.

France-Amérique : Que représentent ces “GRIBs” de “lignes indéterminées” ?

Bernar Venet : Les GRIBs sont très liés à mes toutes premières Lignes indéterminées que je réalisais entre 1979 et 1983. Aujourd’hui, c’est en acier oxycoupé que je leur donne leur forme. Des formes qui sont beaucoup plus incontrôlées qu’à l’époque, libérées d’un souci de composition maîtrisée. Mon œuvre évolue dans des directions formelles et l’acier pour le moment me paraît être la solution la plus appropriée.

Le MoMA vous achète une œuvre dès 1966. La même année, vous quittez la France. Qu’est-ce qui a motivé votre départ pour les Etats-Unis ?

J’ai quitté la France à l’âge de 24 ans. Avant ce moment charnière dans ma vie, je vivais à Nice qui est une ville que j’aime beaucoup mais où, compte tenu des oeuvres que je réalisais, il m’était impossible de m’en sortir. Les galleries, collectionneurs, critiques, artistes étaient trop peu nombreux pour constituer une scène en soi et pour me permettre de me développer. Tout passait nécessairement par Paris, mais à partir de 1964, nous avons réalisé que Paris n’était plus la capitale mondiale de l’art. New York était l’objectif, l’endroit où tout se passait à l’époque. J’en rêvais… mais je n’aime pas vivre uniquement dans mes rêves.

A New York, vous croisez Andy Warhol, Klein et vous rencontrez Marcel Duchamp. Quels souvenirs gardez-vous de ces années underground ?

Oui, j’ai rencontré les artistes essentiels de la scène artisitique new-yorkaise. La chance et mon travail ont voulu que j’expose rapidement avec eux dans les galleries qui étaient à la pointe de l’avant-garde : Castelli, Dwan, Paula Cooper… Le contraste était assez frappant avec la scène niçoise, certes sympathique, mais trop exigüe pour que je songe à la retrouver.

Après Jeff Koons en 2008 et Murakami en 2010, vous avez crée à votre tour la polémique avec l’installation de vos sculptures monumentales à Versailles en 2011. Comprenez-vous ce type de réaction ?

Avec mes œuvres installées à Versailles, la polémique n’a pas été de grand ampleur. Elle a plutôt été de principe pour quelques irascibles nostalgiques de la monarchie et d’un âge d’or versaillais cristallisé. C’est pourtant dans la logique même de Louis XIV de commander des oeuvres à des artistes de notre époque. Louis XIV n’était pas un collectionneur, mais un mécène, un commanditaire. C’est ainsi qu’il a enrichi ce lieu époustouflant. Certains regrettent, et moi aussi, que ma grande sculpture n’ait pas pu rester définitivement. Qu’il s’agisse des Etats-Unis, de la France ou des pays européens, il y aura toujours des réfractaires à l’art contemporain.

Paris, New York, l’Asie. Quelle est d’après vous la place forte de l’art aujourd’hui ?

Ma réponse ne sera pas une surprise. Si l’on fait reference au marché, restent New York et Londres. Mais la creation devient globale. Finie la suprématie d’un seul pays qui impose ses artistes, comme ce fut le cas en France au début du XXe siècle et aux Etats-Unis dans la deuxième partie de ce même siècle.


Informations pratiques :

Expositions à Ace Gallery (Beverly Hills) et Ace Gallery (Los Angeles) jusqu’à fin septembre.

Ace Gallery

www.bernarvenet.com


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