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Les grues géantes nantaises, tribune de deux activistes de la cause des pères

Deux activistes de la défense des droits des pères ont pris les grues géantes des anciens chantiers navals de Nantes comme tribune pour leur cause et l’un des deux, qui avait investi la sienne samedi matin, en est descendu quelques heures plus tard, vers 17h.

Le premier père, perché à 40 mètres de haut depuis vendredi matin, était en revanche toujours samedi soir dans sa grue Titan jaune, vestige des chantiers navals nantais. Serge Charnay a indiqué par SMS qu’il entendait y rester en dépit de l’épuisement de ses vivres. “La grève de la faim m’est imposée par le siège des policiers qui interdisent tout ravitaillement”, a-t-il déclaré. “Je resterai le temps qu’il faudra pour obtenir quelque chose de significatif”. “La remise en cause de la décision de justice (…) qui a détruit ma famille et nos vies!”, a-t-il ajouté.

M. Charnay a été privé du droit de garde mais aussi du droit de visite de son fils depuis deux ans, à la suite d’une condamnation, notamment pour “soustraction d’enfant”. La préfecture de Loire-Atlantique lui a apporté vendredi soir des papiers prouvant qu’il pouvait obtenir une requête expresse pour le réexamen de son dossier dès le 28 mars, mais M. Charnay n’a pas voulu redescendre de la grue. Résidant dans l’agglomération nantaise, il demande désormais l’annulation de sa condamnation, a-t-on indiqué de source proche du dossier.

Descendu, lui, samedi après-midi de sa grue, le second père, Nicolas Moreno, 34 ans, qui réside dans le département de l’Isère, s’était déjà fait remarquer par une grève de la faim de plus de trois semaines en novembre 2012 devant le palais de justice de Valence. Adhérent des associations SVP Papa et SOS Papa, il avait escaladé, samedi à l’aube, la seconde grue géante Titan, de couleur grise, située à la pointe de l’Ile de Nantes sur la Loire. Sur deux banderoles qu’il avait accrochées à la grue, on pouvait lire: “Père un jour = père toujours” et “Pères en galère, pères solidaires”.

Une fois au sol, M. Moreno a expliqué avoir mené cette action “pour tous les papas qui aiment leurs enfants”. Soulignant le caractère “pacifique” de son escalade, il a dénoncé la “violence” faite aux pères dans l’actuelle application de la loi: “Le tarif de base pour un papa, c’est un week-end sur deux, en réalité quatre jours sur trente (…) Ce jugement de base, c’est un jugement violent, ça vous retire neuf dixième du temps de votre enfant, cette justice est basée sur la violence.” M. Moreno a indiqué qu’il avait conseillé à M. Charnay de “prendre ce qu’il y avait à prendre”, après les propositions qui lui ont été faites vendredi soir.

M. Moreno, a-t-on appris de source judiciaire, a fait appel en novembre 2012 d’un jugement du tribunal de Valence confiant à son ex-compagne la garde de leurs deux fils de moins de trois ans, avec un droit de visite et de garde pour lui. Mais la mère est partie s’installer dans les Landes, à quelque 750 km de Valence. M. Moreno est soutenu dans sa cause par ses propres parents, eux aussi divorcés. Ces deux pères “ont choisi une manière spectaculaire de manifester. Au lieu de le faire les pieds sur terre, ils ont choisi de manifester en l’air”, a commenté le préfet de Loire-Atlantique, Christian de Lavernée, qui soulignait samedi qu’aucune intervention n’avait été prévue pour les faire redescendre de force.

L’association SVP Papa (40 adhérents, créée en 2011), qui avait dans un premier temps soutenu l’action du premier père vendredi, s’est désolidarisée samedi, ne pouvant cautionner, selon son président Yann Vasseur, la mise en danger de la vie de ces pères et le risque qu’ils passent “du statut de papas à celui de forcenés”. Le président de l’association SOS Papa (16 000 adhérents, créée en 1990), Fabrice Mejias, soutient en revanche leur cause. “Ce sont deux papas désespérés qui souhaitent être entendus. On les soutient comme tous les papas de France”, a-t-il déclaré. Ces deux actions interviennent à quelques jours d’une journée nationale de manifestation pour les droits des pères, programmée par SVP Papa mercredi à Nantes, la ville du Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

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