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Les habitants d’une petite ville du New Hampshire ont sauvé leur baguette

La population de Colebrook, dans le New Hampshire, s’est mobilisée pour sauver la boulangerie française de cette ville de 2 500 habitants près de la frontière canadienne. Les gens ont entamé leur action après avoir appris que l’ambassade américaine à Paris avait refusé de renouveler le visa de la propriétaire, Verlaine Daeron, sous prétexte que le commerce ne faisait pas assez de bénéfices.

Depuis huit ans, Colebrook, une petite ville rurale du New Hampshire, a un péché mignon : la baguette. Deux boulangers français ont permis à la population de cette localité éloignée des grands centres urbains de la côte Est des États-Unis, de découvrir ce délice de l’Hexagone. Tandis que d’autres entreprises de la région ont dû fermer leurs portes à cause de la crise économique, leur boulangerie, ouverte en 2001, semblait offrir à Colebrook un remède contre la morosité.

Verlaine Daeron, l’une des propriétaires de la boulangerie « Rendez-vous », a cependant appris il y a quelques semaines que l’ambassade américaine à Paris refusait de renouveler son visa d’investisseur sous prétexte que son établissement ne faisait pas assez de bénéfices. Les officiels considéraient l’entreprise comme « marginale ».

Angoissée, la pâtissière a appelé son partenaire, Marc Ounis, qui possède une carte verte mais ne peut pas assurer le fonctionnement de la boulangerie tout seul. Après avoir appris la nouvelle, les habitants de Colebrook qui ne supportaient pas que des fonctionnaires à Paris décident du sort de « leur boulangerie », ont décidé de réagir. Dans les six semaines qui ont suivi la décision des autorités américaines, la communauté s’est mobilisée pour soutenir Verlaine Daeron et Marc Ounis, deux Français qui ne parlaient même pas anglais quand ils sont arrivés aux États-Unis. Ils ont signé des pétitions et écrit des lettres aux services d’immigration. Un engagement soutenu par les deux sénateurs du New Hampshire à Washington qui ont attesté à quel point cette petite entreprise française leur était chère.

« On ne voulait pas les voir partir », insiste Donna Caron, une responsable de la ville. « Ce sont des gens bien qui n’ont jamais rien demandé à la ville ou à qui que ce soit. C’est vraiment une petite tranche de Paris chez nous », ajoute-t-elle. Les deux sénateurs, Judd Gregg et Jeanne Shaheen, ont tous les deux contacté l’ambassade américaine à Paris pour insister sur l’apport de cette boulangerie française à l’économie locale.

Grâce à cette mobilisation, Verlaine Daeron, 51 ans, a finalement obtenu le renouvellement de son visa le 19 mai. « L’officiel à l’ambassade, qui n’était pas le même que la première fois, m’a dit à quel point cette histoire l’avait ému puisqu’il vient, lui aussi, d’une petite ville comme la nôtre dans le Wisconsin », a-t-elle raconté par téléphone, alors qu’elle se trouvait dans la maison de sa mère en région parisienne. « C’était une mobilisation extraordinaire. Je pense qu’on ne se rendait pas compte de l’impact qu’on représentait », poursuit-elle. « Toutes les lettres m’ont touchée ».

Verlaine Daeron rentre ce dimanche à Colebrook, une petite ville qui a prouvé que la valeur de la baguette ne se mesure pas qu’en dollars.

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