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Les manifestants anti-Wall Street de New York craignent l’expulsion

Les manifestants anti-Wall Street à New York craignaient jeudi de devoir évacuer le square qu’ils occupent au coeur du quartier financier de Manhattan depuis le 17 septembre, après avoir reçu l’ordre de le libérer pour permettre son nettoyage vendredi.

Le maire de New York Michael Bloomberg est venu en personne les en avertir mercredi soir, tout en insistant sur leur droit à manifester. Et jeudi, des responsables du parc Zuccotti, escortés par une douzaine de policiers dont certains filmaient la scène, ont distribué sur place une notice explicative sur les opérations de nettoyage qui commenceront vendredi à 07h00 et dureront toute la journée. Le square bondé, où les manifestants qui dorment à la belle étoile ont installé un service de restauration, une infirmerie, un espace d’information, un centre vidéo, et même une bibliothèque, va devoir être complètement vidé.

Brookfield Property, propriétaire du square, explique dans sa notice qu’au cours des trois dernières semaines les “conditions dans le parc se sont déteriorées et créent des problèmes de santé et de propreté dont il faut s’occuper”. Elle précise qu’après ce nettoyage effectué en trois étapes de quatre heures, le square sera ensuite “rouvert au public, pour un usage conforme à ses règles”. Les occupants du parc ont découvert jeudi avec consternation ces règles, distribuées avec la notice. Celles-ci indiquent notamment que le camping est interdit dans le square, ainsi que l’utilisation de bâches et de sacs de couchage, et qu’il n’est pas non plus permis de s’allonger sur les bancs.

La colère et la déception grondaient jeudi parmi les manifestants, qui depuis quatre semaines dénoncent la cupidité de Wall Street et la corruption des 1% les plus riches. “C’est affreux, ils veulent mettre fin à cette expérience”, s’indigne Seth Harper, 21 ans, en servant le petit-déjeuner. “Je ne veux pas me faire arrêter”, ajoute-t-il, évoquant les 700 interpellations du 5 octobre sur le pont de Brooklyn. “Mais je pense que beaucoup vont refuser de partir”. “Nous partirons mais nous reviendrons”, déclare DJ Husar, 34 ans, expliquant que le “rêve américain a fonctionné pour mes parents et mes grands-parents mais ne fonctionne plus pour moi”. “Nous avons une équipe de nettoyage, ils devraient nous laisser faire”, s’insurge également Cynthia Villareal.

L’assemblée générale d'”Occupons Wall Street” avait prévu d’arrêter sa position dans la journée. Mais déjà sur Facebook un appel à la mobilisation a fleuri, demandant à tous ceux qui le peuvent de “donner des balais, serpillères, pelles, sac poubelles, détergents”, et de venir aider l’équipe de nettoyage jeudi. Vendredi, nous mettrons en place une “chaîne humaine autour du square avec nos balais et nos serpillères” ajoute ce message. “Si la police essaie d’entrer, nous resterons calmes et non violents et ceux qui le veulent se feront interpeller”. Ces opérations de nettoyage interviennent alors que les manifestants de Wall Street se préparent samedi à une grosse journée.

A 17h00, un rassemblement est prévu à Times Square, pour participer à la journée mondiale de mobilisation lancée par le site 15october.net autour du mot d’ordre “Unis pour un changement global” (“United for Globalchange”). Une autre manifestation est auparavant prévue à 11H00 contre les banques, et “Occupons Wall street” compte aussi s’associer à 12H00 à une marche marquant les dix ans du début de la guerre en Afghanistan.

En quatre semaines, le mouvement, qui a essaimé dans une trentaine de villes américaines, a touché une corde sensible chez les Américains, traumatisés par les difficultés économiques et le chômage. Ainsi, 54% d’entre eux se disaient favorables au mouvement, selon un sondage publié jeudi par Time magazine. C’est deux fois plus que ceux qui sont favorables au mouvement ultra-conservateur Tea party (27%).

 

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