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Les niveaux de rémunération

À fonction équivalente, les niveaux de rémunération sont bien plus élevés aux États-Unis qu’en France. Cette situation a grandement contribué au mythe des expatriés américains aisés. Toutefois, il convient de préciser que si la France offre à ses concitoyens une solution « tout compris », les États-Unis proposent une formule « à la carte ». En d’autres termes, vous devez payer pour tout ce que vous consommez, les systèmes sociaux et l’intervention de l’État étant réduits au minimum. Ainsi, le niveau de rémunération américain doit être corrigé en fonction des dépenses importantes liées à la retraite, à la santé et à l’éducation. Pour donner un ordre de grandeur, il n’est pas rare qu’un médecin généraliste en début de carrière ait accumulé pour financer ses études un crédit de 300à 500 000 dollars qu’il doit rembourser dès son entrée dans la vie active. De nombreux Américains sont contraints de continuer à travailler passé soixante-dix ans pour pouvoir bénéficier d’une certaine couverture sociale.

L’APEC (l’Agence pour l’emploi des cadres) a publié en 2005 une étude comparant le salaire cumulé aux États-Unis et en France, pour une carrière identique. En salaire brut cumulé, les cadres de la production gagnaient 17 % de plus aux États-Unis qu’en France. L’écart atteignait même 29 % pour la fonction vente. Cependant, on travaillait plus chez l’oncle Sam, donc à temps de travail équivalent, les différences se réduisaient à 3 % seulement pour la production, et 16 % pour la vente. Enfin, si vous considérez les différences liées aux régimes de retraite, de santé et de couverture des frais de scolarité, vous êtes sur des bases comparables, voire plus favorables en France dépendant de votre situation familiale (nombre d’enfants à scolariser, etc.).

Bien entendu, l’étude de l’APEC ne couvre pas les cadres supérieurs et dirigeants qui sont d’une manière générale bien mieux rémunérés aux États-Unis qu’en France. Les États-Unis sont le pays des extrêmes, et ceux-ci frisent parfois l’indécence.  David Simon, CEO (chief executive officer) de Simon Property group (le plus important propriétaire de centres commerciaux aux États-Unis), devait recevoir en 2012 une rémunération totale de 134 millions de dollars, représentant 342 fois le salaire de Barack Obama et environ 4 489 fois le salaire moyen américain ! Fort heureusement, les actionnaires ont refusé cette disposition. Sommes-nous là dans la démesure ? C’est une des caractéristiques des États-Unis, il n’existe pas, ou très peu, de limites. Les logiques sont appliquées jusqu’à l’aberration.

Extrait de Bien communiquer avec vos interlocuteurs américainsAfnor éditions, 2013.

 

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