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Les nombreux visagesde Patrice Leconte

En janvier, la FIAF a présenté 5 films de Patrice Leconte, dans le cadre d’une rétrospective. Mardi dernier, le réalisateur est venu rencontrer le public et répondre à ses questions, avant de projeter en avant-première son documentaire Dogora, Ouvrons les yeux, qui retrace le voyage de Patrice Leconte à travers le Cambodge.

Après L’Homme du train, Monsieur Hire, Ridicule et Confidences trop intimes, La Fille sur le pont, le dernier de la série était projeté mardi soir en présence du metteur en scène. Ce film en noir et blanc, sorti en 1999, raconte l’histoire d’Adèle (Vanessa Paradis) une jeune femme qui n’a connu que des mésaventures sentimentales, sauvée in extremis du suicide par Gabor (Daniel Auteuil), un lanceur de couteaux en fin de carrière, à la recherche d’une « partenaire » pour ses tours. Le film rythmé et intimiste aborde les thèmes de la chance mais aussi de l’amour. Après une heure et demie de film, le metteur en scène français s’est prêté au jeu des questions-réponses, réagissant avec beaucoup d’humour aux interventions des nombreux spectateurs. Le débat était animé par Ryan Werner, vice président de la section marketing chez IFC Fims.

Patrice Leconte est « inclassable » dans le monde des réalisateurs, tant sa production est variée, de la fameuse trilogie des Bronzés (le dernier est sorti en février 2006) aux drames psychologisants tel que La Veuve de Saint Pierre (avril 2000). « Il parait que les grands cinéastes sont ceux qui produisent toujours le même type de films. Je ne suis donc pas un “grand” », explique Patrice Leconte avec ironie. « Mais je préfère être libre de créer plutôt que de devoir rentrer dans des cases. »

Un thème cependant est récurent dans ses films, celui de la rencontre entre des étrangers. Le cinéma est, selon Patrice Leconte, le lieu où de telles rencontres peuvent advenir. Elles sont le résultat de pures coïncidences et viennent soudain bousculer la vie des personnages. Ainsi Gabor dans La fille sur le pont, vient-il apporter brusquement un sens à la vie d’Adèle, pour qui l’existence n’importait plus. Est-ce par pudeur que Patrice Leconte traite de l’érotisme et de la sensualité avec tant de retenue ? « Non », explique le réalisateur, « je pense seulement que le cinéma sert à suggérer bien plus qu’à montrer. Parce que la suggestion permet de faire rêver le spectateur, de développer son imagination. »

Trois films encore avant la fin de la carrière de Patrice Leconte. « Ensuite, j’ai décidé d’arrêter », avoue le réalisateur. Selon lui, beaucoup de metteurs en scène poursuivent leur métier trop longtemps et finissent par produire de mauvais films. « Je préfère m’arrêter avant ! » finit-il en riant.

Patrice Leconte était invité à New York par Unifrance dans le cadre d’On Set with French cinema. Il a donné dans ce cadre donné une masterclass à la SVA (School of Visual Arts) le 30 janvier comme avait fait Benoit Jacquot au mois de novembre.

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