Subscribe

Les œuvres de Germaine Richier exposées à New York, après 50 ans d’absence

L’artiste française Germaine Richier (1902-1959) et ses sculptures hybrides d’hommes insectes n’avaient pas été présentées au public américain depuis un demi-siècle. L’exposition conjointe de ses œuvres par la galerie Dominique Lévy et Emmanuel Perrotin à New York répare cette injustice.

Elle figure en bonne place dans les manuels d’histoire de l’art au XXe siècle. Pourtant, Germaine Richier reste encore dans l’ombre de Giacommeti, son compagnon d’études. L’exposition des galeries françaises Levy et Perrotin à New York est la première présentation de cette artiste majeure aux Etats-Unis depuis celle que lui avait consacrée, dans le même quartier de l’Upper East Side, la Martha Jackson Gallery, en 1957. Son travail avait été très bien accueuilli par la critique américaine à l’occasion de sa toute première exposition aux Etats-Unis, à la Allan Frumkin Gallery de Chicago, en 1954. L’artiste participera l’année suivante à l’exposition collective The New Decade : 22 European painters and sculptors au prestigieux Museum of Modern Art (MoMA) de New York.

Formée à la tradition de la sculpture figurative, Germaine Richier se fraya une voie artistique si singulière, qu’il est aujourd’hui encore malaisé de classer son œuvre dans un courant précis. On l’associa, à l’instar de celle d’Alberto Giacometti, avec qui elle étudia chez Bourdelle, au mouvement de la philosophie existentialiste. Mais l’absence d’étiquette apposée sur ses œuvres représentées dans de nombreuses collections publiques américaines, comme celle du Walker Art Center de Minneapolis (Minnesota), témoigne de l’originalité de cette artiste également proche du mouvement surréaliste.

Des êtres hybrides

Avec plus de quarante sculptures, l’exposition des galeristes français Levy et Perrotin entend retracer l’évolution artistique de Germaine Richier, de ses premiers bustes jusqu’à ses personnages ovidiens soumis à une métamorphose organique. Un bon nombre d’entre eux sont exposés à cette occasion. Ici, une femme est accroupie sur un socle de pierre et le titre de l’œuvre, Crapaud (1940), est à l’exacte image de la position adoptée. Ses femmes sont des araignées – bien avant celles de Louise Bourgeois ! –, des mantes religieuses ou des sauterelles, et ses mâles des êtres de verdure, à l’image de L’Homme-forêt (1945), – anticipant cette fois sur les sculptures semi végétales de Claude Lalanne comme L’Homme à la tête de chou –.

En plus de ce bestiaire qui envahit le rez-de-chaussée (1st Floor) et le premier étage (2nd Floor) de l’espace commun, les galeristes ont accroché quelques photographies de Brassaï prises dans les années 50 et représentant des œuvres de Germaine Richier ainsi que l’artiste, dans son atelier.

Infos pratiques :

“Germaine Richier”, à la Dominique Lévy  and  Galerie Perrotin, 909 Madison Avenue at East 73rd Street, New York, du 27 février au 12 avril 2014. Ouvert du mardi au vendredi de 10h à 18h, le samedi de 10h à 17h, et sur ​​rendez-vous. www.dominique-levy.com/exhibitions/germaine-richier

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related