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Les policiers du RAID participent à un exercice tactique à San Francisco

Prises d’otages, tueries dans des écoles… les équipes d’intervention du SWAT (Special Weapons and Tactics) ont été confrontées à 25 scénarios pendant cinquante heures non-stop le week-end dernier à l’occasion d’ « Urban Shield », un exercice d’intervention policière grandeur nature. Pour leur première participation, les policiers français de l’unité Recherche, assistance, intervention et dissuasion (RAID), ont terminé à la 5ème place sur 27 équipes. Amaury de Hauteclocque, commissaire divisionnaire et chef du RAID, revient sur cette coopération inédite.

Comment le RAID a-t-il été amené à participer à « Urban shield » ?

C’est le directeur du Department of Homeland Security qui a eu l’initiative de cette invitation il y a environ un an, lors d’une rencontre avec le chef de la police française à Los Angeles. Non seulement nous sommes la première équipe française à participer à « Urban shield », mais nous sommes surtout la première équipe étrangère à avoir été invitée en dix ans d’existence de cet exercice.

Quel bilan tirez-vous de la participation du RAID à cet exercice ?

En dépit de la barrière de la langue, « Urban shield » s’est excellemment passé pour notre unité, puisque nous avons fini cinquièmes sur vingt-sept. C’était le résultat que nous visions. Au-delà de la compétition en elle-même, ce qui était intéressant pour nous, c’était de comparer nos procédures tactiques avec les équipes américaines pour faire face aux différents types de situation : maritime, aérienne, ferroviaire, menaces non conventionnelles, tueries dans les écoles… Nous étions vraiment présents dans un esprit d’échange et de coopération, pour essayer de comprendre la culture et les types de criminalité auxquels sont confrontés les Américains.

Les équipes d’intervention française et américaine sont-elles confrontées à des menaces différentes ?

Un type de menace qui m’intéresse particulièrement et que l’on ne connaît pas encore en France est la tuerie dans une école. Cela requiert une imbrication remarquable du travail entre équipe d’intervention et équipe de secours.

D’après vous, pourquoi ce genre de menace n’existe pas encore en France ?

Ça tient essentiellement à la législation sur les armes. Aux États-Unis, il y a un accès beaucoup plus facilité aux armes à feu. Sinon, le niveau de violence chez les jeunes est identique dans les deux pays.

Y a-t-il des domaines où le RAID est plus performant que ses homologues américains et vice-versa ?

On a une chance par rapport au SWAT, c’est de disposer d’une compétence nationale. Étant donné le système centralisé de la police française, le RAID est amené à intervenir partout en France dès lors qu’une menace qui relève de sa compétence survient. Nous avons couvert toutes les crises majeures auxquelles la France a été confrontée. Aux États-Unis, puisque le SWAT est rattaché à des localités, il y a des unités qui n’ont jamais été en prise avec certains types de situation. Après, ce qui m’intéresse chez eux, c’est leur très forte logistique et leur capacité à intervenir localement avec des petites équipes.

Est-ce que vous participerez à nouveau à « Urban shield » ?

Si on nous demande si on a envie de revenir, oui, bien sûr. En plus, ça se passe dans une très belle région de la Californie que je ne connaissais pas. Mais l’organisation de l’événement est très lourde. Pour se préparer sérieusement, il a fallu immobiliser neuf agents pendant quatre mois pour suivre un programme d’entraînement. Ce qui nous intéresse surtout maintenant, c’est d’amorcer une collaboration à plus long terme qui aille au-delà d’un événement comme celui-ci, qui relève plus de l’affichage communicationnel.

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