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Les politiciens français vivent au rythme de la Coupe du Monde

Parce qu’ils sont de fervents supporteurs ou qu’ils considèrent que le football est un sport populaire incontournable, les politiques vivront au rythme du ballon rond durant le Mondial, à l’exception de certains pourfendeurs du “foot business”.

Beaucoup étaient vendredi devant la télévision pour France-Uruguay, de Martine Aubry à Lille dans un café avec son équipe, à Xavier Bertrand au siège de l’UMP à Paris. Le patron du parti majoritaire assure que son agenda est bloqué pour les matches des Bleus: “Je ne rate pas une Coupe du monde depuis 1974”. La numéro un socialiste se dit aussi passionnée de foot, héritage de son père Jacques Delors. Elle installera un écran géant au siège du PS pour France-Afrique du Sud.

Son prédécesseur François Hollande, grand amateur, évoque “l’engouement supplémentaire” lié au pays de Mandela. Mais “chaque fois que les politiques ont voulu se mêler du sport, ca n’a pas été l’avantage des équipes concernées. Il faut toujours rester à sa place”.

Le foot est-il facteur de cohésion? “Très limité, très provisoire. Il y a eu la victoire black-blanc-beur, considérable, mais ça n’a pas duré très longtemps”, juge le député, en allusion à 1998. Le prolonger aurait supposé “des mesures très fortes” et que “les joueurs s’investissent dans ce combat”, même si “quelques-uns l’ont fait comme Lilian Thuram”.

Ex-ministre des Sports, Marie-George Buffet (PCF) fait valoir que “parmi les premières fédérations de foot, il y avait la Palestine”. En Afrique du Sud, “la fédération s’est créée avec des militants anti-apartheid”. Même si depuis, l’argent est devenu roi.

“Quand on parle foot businesss, faut pas simplement dire il y a un hôtel 5 étoiles!” accuse-t-elle, allusion à la polémique sur l’hébergement des Bleus à Knysna. “Il faut faire des lois qui fassent que le fric ne domine pas le foot”.

Que l’on s’y intéresse ou non, le football est l’occasion de réaffirmer ses fondamentaux politiques. Ainsi, reconnaissant que le foot, “c’est pas trop son truc”, Marine Le Pen (FN) dénonce “le pognon qui dégouline de ces gens” et reproche à certains joueurs d’avoir “une autre nationalité de coeur”.

Pour Gérard Longuet, président des sénateurs UMP, “le football, c’est des artistes de haut niveau” mais aussi “du business”, “le plus grand support publicitaire du monde”.

Plus virulent, Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), maugrée: “c’est l’opium du peuple, cette histoire. Ca m’a toujours choqué de voir des rmistes applaudir des millionnaires”.

Benoît Hamon réplique: “Je ne crois pas que le foot soit l’opium du peuple. Les rmistes n’applaudissent pas les millionnaires, mais le jeu”. “On peut être de gauche et aimer le foot”, juge le porte-parole du PS.

Pour Xavier Bertrand, on “ne peut empêcher qu’il y ait des enjeux extra-sportifs”. Cependant, la question du “foot-business” ne doit pas se poser “en pleine compétition”, mais “à un autre moment”.

 

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