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Les premiers pas des études dirigées au collège

Extrait de France-Amérique n°12, du 31 octobre au 20 novembre 2007

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Dans un collège de banlieue français, les collégiens "les orphelins de 16 heures", comme les surnomme Nicolas Sarkozy, testent de nouvelles activités après la classe.

En suspension sur les mains d’un camarade, Linsay, 12 ans, se concentre pour ne pas tomber. Le front plissé par l’effort, le jeune garçon tend les bras pour maintenir l’acrobate. La figure humaine tremble, penche dangereusement sur le côté, se redresse. L’adolescente fait la grimace: "Mais attention, je vais tomber!" L’alerte arrive trop tard, les deux élèves s’écroulent sur le tapis de sol. Leurs rires résonnent sur les murs du gymnase. Au collège Robert-Desnos, à Orly, la sonnerie vient de retentir pour annoncer la fin des cours. Mais tous les élèves n’ont pas pour autant déserté l’établissement. L’accompagnement éducatif après la classe voulu par le ministre de l’Education a débuté. Études dirigées, activités sportives artistiques et culturelles sont proposées aux élèves qui le souhaitent entre 16 heures et 18 heures. Dans l’académie de Créteil, 112 collèges des quartiers sensibles (dont 91 classés éducation prioritaire et 21 classés ambition réussite) sont concernés.

Robert-Desnos est de ceux-là. Dans l’établissement, des ateliers de photo, danse, théâtre sont entre autres mis en place. Déjà en pointe, le collège proposait depuis plusieurs années certaines de ces activités. "Mais les financements nous permettent de mieux les structurer et d’en faire profiter beaucoup plus d’élèves", précise Fernand Nasari, le principal. À l’image de Ouerdia, en 5e, qui rêve de faire du cirque depuis l’an dernier. "Quand j’ai vu le spectacle de fin d’année, j’avais envie d’être à la place des élèves. Mais c’était réservé aux 4e", raconte la jeune fille. Alexandra est tout aussi enthousiaste. "Avant, le soir, quand j’avais fini mes devoirs, je regardais la télé, je m’ennuyais, se souvient l’élève de 5e. Là je m’amuse trop !"

Côté soutien scolaire, l’accent a été mis sur les élèves de 6e. Au programme : ateliers de méthodologie, de lecture et d’apprentissage des leçons. À terme, 60 % d’entre eux devraient profiter de cette aide. Au CDI, une vingtaine d’élèves de 6e sont réunis. Mélanie prend un cours de méthodologie improvisé. "Ton cahier de textes est vide… Tu es sûre que tu n’as rien pour demain? Montre-moi ton emploi du temps", demande un prof. Réponse de la tête blonde: "J’ai des maths pour mercredi mais je n’ai pas mon cahier madame..." Le professeur, du tac au tac: "Il faut que tu prévoies pour la prochaine fois. En attendant, tu vas me ranger cette trousse et ne garder sur toi que ce qui est nécessaire!" Sourire jusqu’aux oreilles, sa voisine est ravie d’être là. "À la maison, mes petites soeurs m’embêtent trop pour faire mes devoirs!" Pour mettre en place le dispositif, 250 000 heures supplémentaires ont été accordées à l’académie. À Robert-Desnos, l’ensemble des activités sont chapeautées par une vingtaine de professeurs volontaires rémunérés. "Certains collègues sont réticents, par peur que le volontariat ne devienne obligatoire. Mais une bonne moitié est très motivée", estime Yannick Delbos, prof d’EPS. Lui a mis en place un atelier de plongée et water-polo. "Cette année, seuls 17 élèves sur 102 savaient nager: l’inverse des statistiques nationales! Là nous allons pouvoir leur apprendre la natation en les amusant."

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