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Les premiers rapatriés d’Haïti sont arrivés éprouvés en France

Tenue estivale, le visage fatigué, voire exténués, environ 150 rescapés du séisme de Haïti, dont de nombreux Français, sont arrivés vendredi à Paris: reçus au pavillon d’honneur de l’aéroport d’Orly, ils ont exprimé le sentiment d’être des miraculés.

A l’arrivée du premier vol Air France en provenance de Pointe-à-Pitre, Bernard Kouchner, a accueilli les passagers à leur descente d’avion, sur la piste. Derrière le ministre des Affaires étrangères, les équipes d’aéroport de Paris distribuaient des plaids aux arrivants supris par l’hiver parisien.

Les traits tirés, portant un enfant dans leurs bras ou tirant une valise, certains encore en tongs et en short, les rescapés ont ensuite été pris en charge dans le pavillon de réception par des équipes de la Croix-Rouge.

A la sortie, certains ont accepté d’échanger quelques mots avec la presse. “On n’a pas fermé les yeux. On a fermé les yeux hier dans l’avion et c’est tout”, a dit Jérôme Wilfried, les yeux mouillés de larmes. “Je dis merci à Dieu parce que moi je suis encore vivant mais je pleure pour ceux qui sont encore là-bas parce que c’est vraiment dur”, a-t-il ajouté simplement.

“Je rend gloire à Dieu. Je vais retrouver ma femme et mes enfants”, a déclaré de son côté Jean Axera, qui “habite Orly”. “Là-bas, tout est par terre: le palais présidentiel, le palais de justice… On peut compter les bâtiment debout mais pas les bâtiments qui sont par terre”, a-t-il dit, estimant “faire partie des miraculés”.

“Les gens sont écrasés, même si c’est quelqu’un de notre famille on ne le sait pas parce qu’ils sont défigurés”, souffle Michèle Marie: elle était partie à Haïti en vacances et n’a aucune nouvelle de ses parents. “Je dormais avec les cadavre, je marchais dans le sang”, témoigne-t-elle.

Miraculés et solidaires

Une jeune mère, son bébé serré contre elle, lâche avec quelques sanglots dans la voix: “on est en famille, c’est le principal. Maintenant il faut retrouver tous les Français, c’est important”.

“La situation est catastrophique mais les Haïtiens ont une réaction forte. Il y a une énorme solidarité”, a confirmé Louis Boutot de la Combe, sauvé avec sa femme enceinte et sa fille. “Nous avons eu de la chance”, ajoute ce salarié de la Banque Mondiale, installé depuis 2005 à Haïti, préférant demander de l’aide pour les Haïtiens plutôt que de parler de lui.

“Individuellement on revient de loin mais il faut avoir une pensée pour les Haïtiens”, a-t-il ajouté.

“Ce n’est pas facile de quitter l’île, nous sommes des privilégiés”, a lancé un autre rapatrié.

“Il y a une rotation quasi permanente (…) entre Port au Prince et la Martinique. Et tous les Français et d’autres nationalités qui voudront rentrer seront rapatriés au plus vite comme on le fait maintenant” a déclaré M. Kouchner. “Il n’y a aucune sélection. Il y a des gens qui veulent rester (….) C’est eux qui décident. Nous, nous sommes prêts à les accueillir. il y a autour de 1.300 Français. Ils ne voudront pas tous rentrer”, a-t-il ajouté.

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