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Les principales annonces de Nicolas Sarkozy dans son intervention

Une semaine après la mobilisation syndicale du 29 janvier, Nicolas Sarkozy s’est adressé jeudi soir aux Français: un grand oral télévisé délicat pour tenter de calmer l’inquiétude croissante dans le pays “Face à la crise” tout en maintenant le cap de sa politique. Verbatim.

Thème par thème, retrouvez toutes les déclarations du président de la République jeudi soir :

Les inquiétudes  : écouter aussi “ceux qui n’ont pas manifesté”

Le chef de l’Etat était interrogé en début d’émission par Laurence Ferrari sur les inquiétudes des Français. “Que les Français soient inquiets, c’est normal”, a débuté Nicolas Sarkozy, “Je le comprends, je l’entends”. “C’est une crise qui est sans précédent car elle financière, de confiance, d’une brutalité totale, […] mon devoir est d’écouter ceux qui manifestent et ceux qui n’ont pas manifesté et qui, aussi, souffrent”. “C’est la crise du siècle”, “elle est sans précédent”, a pointé Nicolas Sarkozy. “Je dois en tenir compte et faire en sorte que la France rentre le plus tard possible dans la crise et sorte le plus tôt de la crise”. “Je dois en plus protéger au maximum ceux qui déjà dans la croissance mondiale étaient exclus”, a-t-il ajouté.

L’argent donné aux banques

“Les prêts aux banques ne coûteront pas un centime aux Français”. “J’utiliserai l’argent que rapporteront ces prêts” pour les Français, a promis Nicolas Sarkozy. Nous ” le consacrerons à la politique sociale”.

Les réformes, le lycée : “je continuerai au même rythme”.

“Le partage du travail a été une erreur économique et sociale historique”. “La rupture n’est pas un objectif, tout juste un moyen”, a assuré Nicolas Sarkozy, “je continuerai les réformes au même rythme”. “Elle aura lieu”, a affirmé par ailleurs le chef de l’Etat au sujet de la réforme des lycées. “Des manifestations en France il y en a très souvent. Si on doit arrêter chaque réforme lorsqu’il y a une manifestation alors mieux vaut ne pas faire de réforme”.

Emploi  : “tous les moyens possibles”

“Il faut mobiliser tous les moyens possibles pour conserver les emplois”, a répondu Nicolas Sarkozy à Guy Lagache qui l’interroge sur le sujet. “Cela fait quatre mois que nous gagnons entre 40.000 et 50.000 chômeurs par mois, nous avons avec François Fillon mobilisé tous les investissements qui dormaient dans les cartons de l’Etat pour donner du travail aux entreprises en anticipant ces dépenses”, a affirmé Nicolas Sarkozy qui donne l’exemple des lignes SNCF, des canaux, ou du “nouvel EPR”. “Je ne sais pas” combien d’emplois cela va créer, a reconnu Nicolas Sarkozy qui “espère que l’économie va repartir en 2010”. “Je vais recevoir toutes les organisations patronales et syndicales le 18 février prochain”, annonce le président.

Pouvoir d’achat et impôts : “supprimer la première tranche de l’impôt sur le revenu” ?

“Nous nous préoccupons des classes moyennes inférieures”, a affirmé Nicolas Sarkozy. “Comment lutter contre la crise pour protéger ceux qui sont les plus exposés ?”, “comment aider les classes moyennes ?”, s’est interrogé le chef de l’Etat. Il a suggéré de “supprimer la première tranche de l’impôt sur le revenu” parmi “d’autres pistes” qu’il proposera aux syndicats comme des chèques emploi-servcies donnés aux personnes âgées par l’Etat. Autre piste : une “augmentation des allocations familiales”.

Partage des profits : “Le compte n’y est pas”

“Je veux que le 18 février nous discutions d’un sujet essentiel en France qui est le partage du profit”, a annoncé le chef de l’Etat évoquant le “sentiment d’injustice majeur” suscité dans cette crise par “le comportement d’un certain nombre de dirigeants d’institutions bancaires”. “Le compte n’y est pas”, a estimé Nicolas Sarkozy . “Comment on arbitre entre le souhait légitime des actionnaires de gagner de l’argent avec les entreprises et la demande des salariés d’être associés aux bénéfices des entreprises dont ils ont contribué à créer la richesse ?”.

“Sur 100 de bénéfices, il devrait y en avoir 33 pour les salariés, 33 pour les actionnaires et 33 pour que l’entrepris investisse”, pense le chef de l’Etat qui suggère en même temps de faire “preuve de souplesse”. “C’est pas forcé qu’on (ait) les mêmes règles dans chaque secteur, dans chaque branche. Ça pose également le problème des salariés qui sont dans des secteurs très difficiles, où les marges sont très faibles”, a-t-il dit

Industrie et banques : taxe professionnelle supprimée en 2010

Nicolas Sarkozy a souhaité jeudi “qu’on arrête les délocalisations et que si possible on relocalise” dans l’industrie automobile, et réaffirmé qu’il demanderait “un engagement” sur “des contreparties” en échange du soutien public. “Qu’on crée une usine Renault en Inde pour vendre des Renault aux Indiens est justifié, mais qu’on crée une usine en Tchéquie pour vendre des voitures en France, ce n’est pas justifié”, a-t-il affirmé.

Le chef de l’Etat a annoncé que “l’on supprimera la taxe professionnnelle en 2010 parce que je veux que l’on garde des usines en France”. La mesure sera générale: “On ne peut pas dire on va supprimer pour l’industrie automobile mais pas pour l’industrie sidérurgique ou textile”, a-t-il ajouté. “Je ne peux pas dire aux actionnaires pour le coup: ne délocalisez plus, relocalisez, et en même temps leur laisser des charges et des contraintes qui font qu’ils ne s’en sortiront plus”, selon le chef de l’Etat.

Le chef de l’Etat a chiffré le coût de la mesure à “huit milliards” d’euros. “Je vais engager un ensemble de discussions avec des associations d’élus locaux. Il y a des possibilités autour de la taxe carbone notamment. Nous verrons”, a-t-il déclaré, interrogé sur les manières de compenser le manque à gagner lié à la suppression de la taxe professionnelle. “On ne peut plus avoir tout notre système de fiscalisation basée sur la production si on veut garder des emplois en France”.

Banques, finance et G20 : “Il faut refonder le capitalisme”

Nicolas Sarkozy va demander au président de la Cour des comptes Philippe Seguin de “conduire un certain nombre d’enquêtes” sur la bonne utilisation des fonds accordés aux banques pour faire face à la crise.

“Je suis plus que choqué par le système de rémunération des traders […] comme au loto, on gagnait même quand on avait fait des bêtises”, s’indigne Nicolas Sarkozy. “J’ai vu ce que M. (Barack) Obama a décidé, je suis en train d’y réfléchir, moi je ne suis pas trop pour une règle générale”, a-t-il ajouté.  Mais “mettre tout le monde sous la toise (NDLR : plafonner les salaires comme Obama), je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure formule”.

“Il faut refonder le capitalisme, le moderniser”, a-t-il assuré affirmant souhaiter voir l’Europe “arriver [au G20] avec une position commune”. Le chef de l’Etat a aussi souhaité revoir les relations de la France avec Andorre et Monaco en évoquant la question des paradis fiscaux

Dépenses publiques et fonctionnaires : le “non-remplacement” continuera

Nicolas Sarkozy a affirmé qu’il n’engagerait “pas de dépenses publiques supplémentaires”, et qu’il s’en tiendrait à la “règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux”, jeudi, lors de son intervention radio-télévisée sur la crise. “Je n’engagerai pas de dépenses publiques supplémentaires, notamment sur la  règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux”, a affirmé le président  de la République. Selon lui, on reviendra ainsi “au même nombre de fonctionnaires qu’en 1992”, quand François Mitterrand était président. “Je n’ai pas le souvenir que la France était alors sous-administrée”, a-t-il argué.

TVA  : “Il faut aller plus loin”

“C’est parfaitement anormal que quand on achète une voiture propre, on paie plus cher que quand on achète une voiture qui pollue, et ça vaut aussi pour les bâtiments construits en haute qualité environnementale”, a dit le chef de l’Etat, souhaitant “un système de TVA réduite pour tous les produits propres”. “Je pense également que sur les produits culturels, il faut aller plus loin”, a ajouté M. Sarkozy. “Pourquoi la TVA sur le livre est-elle à 5,5 (%), et la TVA sur le disque à 19,6 (%), comme la TVA sur la vidéo? Il faut mettre cette TVA à 5,5”, a-t-il déclaré. “J’honorerai la promesse qu’avait faite mon prédécesseur (NDLR: Jacques Chirac) pour la TVA dans la restauration”, a-t-il également affirmé.

Gandrange : Sarkozy dément avoir trahi sa “promesse”

“Quand on dit que je n’ai pas tenu promesse, c’est faux ! C’est un mensonge !”, a-t-il lancé au sujet de l’usine gandrange.  Interrogé sur l’avenir du site lorrain, Nicolas Sarkozy a souligné que “d’abord, le site n’est pas fermé”, ajoutant qu’il devait tenir compte du fait que “la production d’acier dans le monde est divisée en deux”. Il a ensuite décliné “trois engagements scrupuleusement respectés”, “30 millions d’euros” injectés dans l’usine, la création d’une école de formation, et l’engagement de Mittal de donner “10 millions d’euros de sa poche” pour revitaliser le site. “Il reste à décider de l’installation d’un site de captage et de stockage de CO2”, a poursuivi M. Sarkozy. Il est “possible”, a-t-il dit, que ce soit à Gandrange, ajoutant que la France était “en concurrence avec l’Allemagne” sur ce projet. La décision n’a “pas encore été prise”.

Bernard Kouchner : “confiance totale”

“Oui, totalement”, a répondu Nicolas Sarkozy à Alain Duhamel qui lui demandait s’il maintenait sa confiance à bernard Kouchner après la publication du livre de Pierre Péan. “C’est un homme pour qui j’ai beaucoup d’amitié, en qui j’ai grande confiance”, a-t-il déclaré ajoutant que le ministre n’avait de problèmes ni avec la police, ni avec la justice.  “Le Nouvel Observateur, c’est le journal qui était sûr que j’avais envoyé un SMS ?”, a ironisé Nicolas Sarkozy au sujet de l’hebdomadaire qui évoque des fuites sur Bernard Kouchner provenant de son entourage, selon Alain Duhamel.

Service minimum

“Le service minimum, ça marche et je veux remercier les Français qui l’ont fait marché”, s’est réjoui Nicolas Sarkozy taclant au passage Bertrand Delanoë qui ne l’a pas organisé à Paris.

“Confiance” à Rachida, pas de “rancune” contre Rama

Nicolas Sarkozy a exprimé jeudi sa “confiance” à Rachida Dati, assurant qu’elle reviendrait “un jour au gouvernement”. “Elle va conduire avec Michel Barnier la liste d’une grande formation politique de la droite républicaine et du centre pour les élections européennes. Pour une sanction dites-moi, c’est une drôle de sanction!”, s’est-il exclamé.

“Amertume, rancune, ça ne fait pas partie de mon vocabulaire”, a-t-il par ailleurs affirmé à propos de la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, Rama Yade. “Je trouvais que c’était dommage qu’elle ne joue pas cette carte et cette chance”, a-t-il dit à propos du refus de cette “jeune femme de la diversité” de se présenter aux Européennes.

Candidat en 2012 ? “Des doutes”

Comme on lui demandait s’il lui restait “des doutes” quant à se représenter, le chef de l’Etat a
répondu : “Oh que oui ! Pourquoi ? Parce que mon métier est très difficile, il faut beaucoup d’énergie, beaucoup de force pour le faire et je consacre toutes mes forces à le faire le mieux possible”, a-t-il argumenté.”Il y a encore trois ans et demi”, a observé le président. “Aucun engagement, ni dans un sens ni dans un autre”, a-t-il lancé. “On fait un deuxième mandat parce qu’on a la force de porter un nouveau rêve et que les gens nous font confiance”, selon lui.

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