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Les repreneurs de La Tribune peaufinent leurs offres, tandis que la fin du papier est redoutée

Les candidats à la reprise de La Tribune ont jusqu’à vendredi midi pour se déclarer auprès de l’administrateur judiciaire du titre placé en redressement, mais rédaction et direction redoutent qu’ils optent pour la suppression du papier au profit des seuls supports numériques.

Les offres seront examinées par le Tribunal de Commerce qui se prononcera vraisemblablement à la fin du mois sur le choix du repreneur, à moins que les juges consulaires ne décident de prolonger leur réflexion. Une décision est cependant attendue rapidement dans le mesure où la trésorerie du journal est quasiment à sec, selon une source interne à La Tribune.

Valérie Decamp, Pdg du titre, avait repris 80% de La Tribune pour un euro symbolique en mai 2010, rachetant le journal à Alain Weil (BFM, RMC…) qui l’avait acquis auprès de LVMH en 2008, avec plus de 40 millions d’euros de trésorerie.

Une première vague de repreneurs potentiels s’étaient manifestés le mois dernier. Une première date limite de dépôt des offres avait été fixée au 17 décembre, avant d’être prorogée au 6 janvier. Toutefois, selon des juristes, de nouveaux candidats auraient la possibilité théorique de faire des offres jusqu’à la date d’examen par le tribunal de commerce prévu le 21 janvier. Fin décembre, cinq offres avaient été dévoilées, certains des candidats s’étant même entretenus avec des représentants des salariés.

Cinq offres, une seule papier

Sur les cinq offres, une seule conserverait une édition “papier” mais sous forme hebdomadaire. La Financière patrimoniale d’Investissements (LFPI) propose de garder 40 salariés sur 165, dont Valérie Decamp. Cette hypothèse est mal vue des salariés qui croient à une collusion entre ce candidat et la direction, dénonçant une forme de favoritisme au détriment des autres offres. Valérie Decamp et l’administrateur judiciaire, Christophe Thevenot ont fermement démenti privilégier une offre plutôt qu’une autre.

Autre candidat, Alexis Caude, entrepreneur du net, a déposé l’offre la “moins disante” socialement, ne conservant que quelques journalistes. Il a toutefois indiqué vouloir revoir sa proposition, peut-être même avec une version papier en s’adossant à un partenaire. Cyril Zimmerman, créateur de Hi-Media (services en ligne) propose quant à lui de décliner La Tribune en plusieurs sites web en conservant une vingtaine de salariés. France Economie Régions (FER), qui regroupe des titres de presse économique régionale (Objectif Aquitaine, Objectif News Midi-Pyrénées, Méridien Mag…), offre de maintenir la Tribune en quotidien sur internet avec une édition “papier” hebdomadaire. FER conserverait 46 postes, dont une vingtaine de journalistes. Enfin le gratuit 20 Minutes, qui était aussi en lice, devra revoir sa copie. Le groupe dirigé par Jean-Pierre Bozo avait initialement fait trois propositions. S’il veut rester dans la course, il ne devra en faire qu’une seule.

Des rumeurs récurrentes ces derniers mois faisaient état d’une offre possible de Raymond Soubie, ancien patron du groupe Liaisons, fondateur de la société de conseil Altédia et ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy. Toutefois ce dernier ne figurerait pas parmi la vingtaine de personnes qui ont consulté le dossier. La Tribune avait été placée sous protection de la justice (procédure de sauvegarde) avant d’être mis en redressement judicaire en décembre dernier. Avec une diffusion totale moyenne de de 75 070 exemplaires, elle emploie 165 personnes dont 78 journalistes.

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