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Les semelles du désir

Le musée du Fashion Institute of Technology à New York revient lors de l’exposition « Sole Desire : the Shoes of Christian Louboutin » sur la carrière du styliste français connu pour ses chaussures aux semelles rouges, offrant à la vue du public quelques modèles d’exception.

À l’âge de 11 ans, il dessinait déjà des chaussures. Un jour, alors qu’il est adolescent, en se promenant dans Paris, il est interpelé par un panneau qui représente un talon aiguille barré, interdisant aux touristes féminines de pénétrer dans le musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie avec ce genre de chaussures, de peur de rayer les parquets. Dès lors, il décide qu’il ne dessinera plus que des chaussures à boucles comprimées et semelles. Il est influencé par le glamour des cabarets, tels que “Les Folies Bergère”, les boites de nuit parisiennes qu’il fréquente beaucoup et, en 1988, après avoir travaillé pour Chanel, Maud Frizon ou Yves Saint-Laurent, il entre chez Roger Vivier. S’en suit une brève carrière en tant que paysagiste, puis il prend son envol en 1992 en créant sa propre boutique. Sa marque de fabrique : des chaussures à semelles rouges, telles qu’en portaient comme signe distinctif du privilège aristocratique au 17e siècle Louis XIV et sa cour. Les cultures qu’il découvre lors de ses voyages en Asie ou en Afrique du Nord inspirent ses créations. Les stars américaines les plus glamours telles que Madonna ou Nicole Kidman deviennent ses clientes.

Le Museum at FIT, l’un des deux musées de la mode à New York, se devait donc de lui consacrer une exposition. Éclairées par une lumière tamisée, des chaussures provenant de la collection du musée et des paires prêtées pour l’occasion par Christian Louboutin y sont exposées. On découvre ainsi la paire de ballerines à talons aiguilles créée par Louboutin pour l’exposition “Fetish” organisée en 2007 à la galerie du passage à Paris par le réalisateur américain David Lynch, des chaussures importables qui ont été conçues comme des objets purement sexuels, limitant la mobilité. Les sandales réalisées spécialement pour chausser les mannequins du défilé d’Yves Saint-Laurent en 2002, première et unique fois que le grand couturier collabora avec un autre styliste. L’exubérante paire de boots cowboy roses, entièrement recouvertes de cristaux Swarovski, créées en 2007 pour Dita von Teese, qui dans l’une de ses performances intitulée « Lipteese » effectuait un strip-tease, vêtue au départ d’un costume de cowgirl, jusqu’à se retrouver totalement nue, ne portant plus que son chapeau et ses boots. Une copie de cette paire de bottines a atteint aux enchères la somme de 60 000 dollars lors d’une vente de charité. Les sandales plateformes baptisées “Mondriana” qui reprennent le graphisme de couleurs bleue, jaune, rouge et blanc des peintures de l’artiste allemand Piet Montrian, comme l’avait fait sur une robe en 1965 Yves Saint-Laurent. Une bottine, véritable objet d’art contemporain, faite de plastique et d’objets trouvés, déroge à l’utilisation habituelle faite par le styliste de matériaux précieux pour la fabrication de ses chaussures. Et bien évidemment, le fameux escarpin en cuir vernis noir modèle “Bruges”, paire préférée des starlettes d’Hollywood en 2005.

De Nicole Ritchie à Sienna Miller, en passant par Jessica Simpson ou les sœurs Olsen, toutes ont arboré sur le tapis rouge les chaussures du styliste français. En dépit de leur prix élevé (environ 700 dollars), le modèle a rapidement été épuisé dans les boutiques et a largement été imité par d’autres marques. Oprah Winfrey, la célèbre présentatrice de talk-shows américaine, a récemment confessé, lors de l’une de ses émissions, qu’elle adorait sa paire de sandales de la collection “Very Privé”, en satin et paillettes, car elle lui rappelait les chaussures portées par Judy Garland dans le film Le Magicien d’Oz et c’est en réalité ce qui a inspiré Christian Louboutin lorsqu’il a créé ce modèle. Plus que de simples chaussures, les créations de Louboutin, véritables objets à connotation sexuelle, telles que les bottines “Ariella Clou” à très hauts talons, faites de cuir noir et recouvertes de clous métalliques, suggèrent toute la force et la domination de la femme qui les porte.

“Sole Desire: the Shoes of Christian Louboutin”
Jusqu’au 19 avril
Museum at FIT, Seventh Avenue, 27 th Street
Entrée gratuite
www.fitnyc.edu

Boutiques Christian Louboutin à New York:
941 Madison Avenue et 59 Horatio Street

Pour plus d’informations : www.christianlouboutin.fr

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