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Les séries américaines


Le 47e festival de télévision de Monte-Carlo, qui vient de fermer ses portes, a confirmé la tendance lourde de ces dernières années : les nouvelles stars du public sont issues des nombreuses séries américaines qui monopolisent désormais nos écrans. Il n’y a qu’à voir la déception causée par le désistement, en toute dernière minute, de Patrick Dempsey, alias « Dr Mamour » dans Grey’s Anatomy (TF1), pour se rendre compte que le cinéma n’est plus la voie royale pour accéder aux cris de délire des jeunes filles amassées derrières les grilles de sécurité…


 


Convié au festival, Masi Oka, l’un des acteurs de Heroes, forcément inconnu puisque la série ne sortira pas avant l’été sur TF1, était même attendu comme une sorte de messie au pied du rocher. Quant à John Locke (Terry O’Quinn), le mystérieux chauve de Lost, il a enchaîné à un rythme infernal interviews et séances photo durant toute sa présence sur la côte. Ce n’est pas France 2, venu au festival présenter sa minisaga Le Temps des secrets – Le Temps des amours, sur l’enfance de Pagnol, qui s’en plaindra, vu que sa série américaine fétiche, FBI : portés disparus, constitue aujourd’hui son meilleur (et presque unique) cheval pour battre TF1 à la régulière au grand galop des audiences.


 


Et la vague n’est pas près de s’arrêter. Selon le sacro-saint principe qui veut qu’on ne retire pas de l’antenne un programme qui marche, les chaînes empilent les séries année après année jusqu’à proposer des mille-feuilles absolument titanesques. Qu’on en juge. Pour ne prendre que TF1, championne toutes catégories du genre, l’été 2007 sera largement labellisé « US » avec : le lundi, la troisième saison de Lost en prime time ; le mardi, Grey’s Anatomy ; le mercredi, des rediffusions des Experts en deuxième partie de soirée ; le jeudi, Esprits criminels ; le samedi, la première saison de Heroes, puis, en fin de soirée, trois épisodes de 24 Heures chrono… L’indigestion n’est pas loin, même si toutes les chaînes ne visent pas avec autant de pugnacité la cible des jeunes et des ménagères de moins de 50 ans.


 


Changer le mode de fonctionnement


 


Mais quid des séries françaises ? Elles sont encore à la peine. « Nous sommes arrivés à la fin d’un cycle et tout est à reconstruire, avoue Takis Candilis, le grand patron de la fiction sur TF1, venu à Monaco présenter Mystère, la saga de l’été de la chaîne. Les 90 minutes comme Navarro ont régné sur nos écrans pendant quinze ans et l’arrivée en force des 52 minutes implique une profonde remise en cause de toute la chaîne de fabrication, de l’écriture à la diffusion en passant par la réalisation ou la production. » Les acteurs eux aussi vont devoir s’adapter. « En France, on lance timidement une série et on attend de voir ce qui se passe, explique Thierry Neuvic (Mafiosa, Canal +). Du coup, si ça marche et qu’on lance une suite, le temps de la produire les téléspectateurs ont perdu le fil. » Plus radical, Takis Candilis estime que les acteurs français n’ont d’autre choix aujourd’hui que de changer leur mode de fonctionnement : « Aux États-Unis, les comédiens entrent carrément en religion lorsqu’ils débutent une série. Ils acceptent de jouer douze heures par jour pendant dix mois et signent pour plusieurs années sans prendre aucun autre engagement. Et les deux mois qui restent, juste avant l’été, sont consacrés au repos et à la promotion des futures saisons. C’est d’ailleurs pourquoi ce festival a lieu à cette période de l’année. » Eva Longoria, qui épousera début juillet le basketteur français Tony Parker, a d’ailleurs déjà prévenu : ils devront remettre à plus tard leur voyage de noces, vu qu’elle devra repartir, dès la bague au doigt, sur le plateau de la nouvelle saison de Desperate Housewives…


 

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