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Les socialistes humiliés lors des élections européennes

Rattrapé par Europe Écologie et largement distancé par l’UMP, le Parti socialiste (PS) a subi dimanche un échec cuisant, d’une ampleur inattendue aux européennes, laissant augurer de nouveaux règlements de compte, six mois seulement après le congrès de Reims.

Une « contre-performance », a tenté de relativiser dimanche la direction. Mais les résultats sont là, et jamais durant la campagne les sondeurs n’avaient envisagé un tel scénario, avec un PS voyant sa deuxième place disputée par les écologistes. Le principal parti d’opposition voit son statut fragilisé.

À Paris, ville de Bertrand Delanoë, c’est la débâcle : avec 14,7 %, le PS est devancé dans les 20 arrondissements, soit par la liste Europe Écologie de Daniel Cohn-Bendit, soit par la droite. Le porte-parole, Benoît Hamon, 3e sur la liste et considéré comme un des poulains de Mme Aubry, est battu. Au Parlement de Strasbourg, le PS n’aurait plus que 14 élus, comme les écologistes, contre 31, selon les estimations.

« Quel que soit le résultat définitif, le problème reste le même : ce n’est plus une question de décimale, mais une question fondamentale », relève Claude Bartolone de la direction. Durant la campagne, les sondages situaient le PS entre 19 et 22 %, le résultat se révèle « calamiteux », selon un cadre, avec le plus mauvais score depuis les européennes de 1994 (14,4 % pour Michel Rocard).

« Je prends toute la mesure de la responsabilité du parti socialiste », a affirmé d’une voix très émue la première secrétaire Martine Aubry, qui voit son premier test électoral s’achever en grave échec, six mois après son élection difficile à la tête du parti.

Mais déjà, les critiques fusent, en particulier du côté des Royalistes : « Ce n’est même pas un avertissement, c’est un tsunami politique », « une réplique du 21 avril 2002 », premier tour de la présidentielle, a affirmé Aurélie Filippetti, battue selon les estimations dans la région Est. Bertrand Delanoë a appelé à « une remise en cause profonde de notre culture démocratique et de nos comportements, de la base au sommet ».

Pour Vincent Peillon, tête de liste dans le Sud-Est, « le PS est affaibli », il « paie ses divisions ». « C’est changer ou mourir, les partis politiques sont mortels aussi », commente Pierre Moscovici. « C’est une sanction des électeurs à l’encontre de notre comportement, notre nombrilisme, nos divisions et nos querelles », renchérit Arnaud Montebourg.

Dans ce contexte, le conseil national de mardi devrait être le lieu de nouveaux affrontements, certains tentant de remettre en cause Mme Aubry, même si les statuts empêchent les putschs.

Gérard Collomb, maire de Lyon, opposé à Martine Aubry, évoque une « catastrophe historique » et appelle le parti à choisir entre une ligne « d’extrême gauche » et une « ligne social-réformiste » qu’il défend. Ségolène Royal s’est gardée de toute intervention médiatique, même si elle a envoyé un message à Martine Aubry.

La direction est confrontée à deux risques : une nouvelle instabilité interne et la difficulté à apparaître comme principal parti d’opposition apte à rassembler avant les régionales de 2010 et la présidentielle de 2012. « Le Parti socialiste a souffert de ses batailles internes et de ses divisions (…) je mets toutes mes forces pour le rassembler (… ) le Parti socialiste a besoin d’une profonde rénovation », a martelé Mme Aubry.

Sur la gauche du parti, les partisans de Benoît Hamon se sont réunis sitôt les résultats connus.

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