Subscribe

Les toiles en relief de Shaka pour la première fois à New York

Du 14 décembre au 11 janvier 2013, l’artiste français Marchal Mithouard, alias Shaka, expose quelques unes de ses œuvres en relief à New York, à la gallery nine5.

Repéré lors d’une exposition à Paris par le propriétaire de la galerie new-yorkaise gallery nine5, Shaka montre ses œuvres pour la toute première fois aux Etats-Unis. Il n’avait d’ailleurs jamais mis le pied sur le sol américain avant cette semaine. Originaire de Corbeil-Essonnes, l’artiste de 37 ans a un parcours improbable et enviable.

Au milieu des années 1990, l’étudiant en arts à la Sorbonne, spécialité vidéo et multimédia, rejoint la clique des graffeurs. “Aujourd’hui c’est beaucoup plus asceptisé mais à l’époque les couloirs et les escaliers de la fac étaient couverts de tags”, raconte Marchal Mithouard. “C’était un peu comme sur les bords de l’autoroute ou des chemins de fer, c’était un jeu. On ne percevait pas ce hobby comme une piste professionnelle.” Celui qui se faisait appeler Buster commence à enseigner les arts plastiques au début des années 2000 et pendant sept ans.

Il entretient son coup de bombe en recouvrant les murs de cadavres exquis, avec un complice. Le hasard mène un promoteur immobilier à découvrir ses fresques urbaines début 2008 : il devient alors le mécène de Shaka. “On pensait que c’était fini les mécènes, que c’était un truc du début du XXe siècle”, ironise le père de famille, qui s’est ainsi vu installer avec son compère dans un immense sous-sol du XIVe arrondissement de la capitale, jusqu’à l’année dernière. “Tout à coup on avait l’espace et les matériaux nécessaires pour développer nos envies, comme le travail en relief'”. Etre à la ville permettait aussi une meilleure visibilité de son travail qu’en banlieue.

Réinstallé à 10 km de Paris, il s’amuse aujourd’hui de sa double identité : “En banlieue ma notoriété vient de mon passé de vandale. A Paris je suis connu pour mon travail sur toile.” Si toutes ses influences sont investies dans un cas comme dans l’autre, Shaka préfère ne pas mélanger : “je n’ai pas envie de faire du graf sur des toiles, c’est contradictoire.” D’ailleurs il ne revendique guère l’étiquette de ‘street art’ qui lui est souvent collée. “Mes œuvres s’en nourrissent, bien sûr, mais je pense que c’est plus de l’art contemporain maintenant, qui parle parfois de la rue.”

Ainsi sa plus grande pièce présentée à la gallery nine5, Street Allegory, réalisée en 2010, est une immense toile aux allures de charge apocalyptique. Un groupe d’hommes, cheval en tête, fonce sur le spectateur, armes – pinceau, micro, bombe de peinture… – à la main. Marchal explique avec passion que chaque personnage représente un de ses amis, acoutrés d’un masque façon commedia dell’arte ou d’un teint de zombie, selon les points de vue. Tout est dans le détail, le clin d’œil, tandis qu’on est assailli par la tête du cheval ou le bras du graffeur qui, sculptures en plâtre, jaillissent de la toile.

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related

  • Inflexible flexibilitéInflexible flexibilité À quelques jours de l'ouverture du Festival des arts international, qui présentera des spectacles d'art vivant mêlant danse, théâtre, musique et performances issus de dix pays, le […] Posted in Culture
  • Le photographe JR, apôtre du «street art», à New YorkLe photographe JR, apôtre du «street art», à New York Le photographe français JR présente son oeuvre, portraits et travaux sur les banlieues, dans le cadre de l'exposition "The Outsiders - NY" avec la galerie londonienne Lazarides, et […] Posted in Culture