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L’esprit français souffle sur Santa Fe

Santa Fe l’ensorceleuse, ainsi pourrait-on surnommer la capitale du Nouveau-Mexique, où plus de 400 Français ont élu domicile, comme attirés par son charme magnétique.

Je suis arrivée à Santa Fe par hasard il y a sept ans alors que je faisais un tour des États-Unis J’avais besoin de me poser et j’ai immédiatement senti que c’était ici que je devais habiter“, explique Noella qui a depuis ouvert une boutique de perles où le client peut choisir sa rangée parmi une myriade de pierres précieuses et semi précieuses. Atypiques, baroudeurs, la plupart des Français de Santa Fe ont parcouru le monde avant de venir trouver la quiétude des vastes étendues du Nouveau-Mexique. “À la différence d’autres expatriés, qui ne restent que quelques années aux États-Unis, ceux de Santa Fe sont venus de leur plein gré et s’y installent définitivement“, explique Nathalie Bonnard qui vient tout juste de créer un Accueil à Santa Fe. Et comment repartir en effet, une fois découvert le ciel immense de Santa Fe que pas un nuage ne vient troubler ? Située sur un plateau à plus de 2000 mètres d’altitude en plein milieu du désert, Santa Fe (“Saint Esprit” en espagnol) est aussi à une demi-heure de route de la station de ski du même nom, au pied des Sangre de Cristo Mountains.

Des artistes venus du monde entier

Deuxième marché de l’art des États-Unis après New York, Santa Fe compte plus de 200 galeries, des dizaines de musées et accueille la seule biennale internationale du pays. Si les premiers peintres à venir s’installer au Nouveau-Mexique à partir de la fin du XIXe siècle étaient américains, les galeries exposent désormais des artistes venus du monde entier. Dans ce foisonnement artistique, les Français ne sont pas en reste. Pascal Pierme habite Santa Fe depuis plus de 10 ans et expose ses sculptures de bois à la galerie Seven-O-Seven. Dans son grand studio d’Eldorado à 20 minutes de route de Santa Fe, il donne forme à toutes sortes de bois précieux et s’efforce d’exprimer “la texture, l’odeur et la force de chacun“. “Le bois a sa propre intelligence“, explique Pascal. “C’est un matériau féminin, plein de surprises et pas toujours facile à contrôler!

D’autres artistes français de renom se sont établis à Santa Fe, tels Jean-Claude Gaugy dont la galerie sur Canyon Road présente les gravures peintes sur bois qui l’ont fait connaître. Christian Cheneau lui, est directeur artistique de la Zane Bennet Gallery, l’un des lieux d’exposition les plus avant-gardistes de Santa Fe. Deux fois par an, Christian se rend en Europe pour repérer les grands créateurs d’aujourd’hui. “Nous ne travaillons qu’avec des artistes vivants“, explique-t-il “et nous essayons également de mettre en valeur les peintres locaux qui défendent l’art contemporain“.

Célèbre pour avoir accueilli de grands noms de la peinture américaine comme Georgia O’Keeffe, Santa Fe est également renommée pour son mélange des cultures indienne, hispanique et américaine. Par exemple, les maisons en adobe, matériau fait à partir de sable d’argile des pueblos indiens, dont les Espagnols reprirent le style architectural lorsqu’ils arrivèrent au Nouveau-Mexique au début du XVIIe siècle. Les Français aussi ont laissé leurs marques dans la ville. La cathédrale de Santa Fe, véritable icône de la ville dont le style néogothique contraste avec les maisons à toit bas couleur de sable, a été construite par des Auvergnats sur le modèle d’une église de Volvic à la fin du XIXe . François-Marie Patorni, installé à Santa Fe depuis trois ans et auteur d’un livre à paraître sur l’histoire et l’héritage des Français au Nouveau-Mexique explique: “Le Lyonnais Pierre Vial fut le premier à découvrir la piste de Santa Fe, une route de plus de 1800 kilomètres qui part de Saint Louis et que Pierre Vial a parcouru en compagnie d’Indiens rencontrés lors de son voyage“. C’est la culture indienne cependant qui a le plus fasciné Maud Séjournan arrivée à Santa Fe en 1985. Depuis 20 ans, Maud s’est imprégnée de la spiritualité indienne et est devenue spécialiste du chamanisme, “ce système symbolique de médiation entre les êtres humains et les esprits de la nature“. Selon elle, “la spiritualité indienne est fondée sur le respect de la terre et sur une connexion très forte entre l’homme et son environnement naturel. Avec le développement des grandes villes, beaucoup de personnes ont perdu le contact avec la nature, qui est pourtant primordial pour l’équilibre de la personne“.

Nathalie quant à elle, après avoir travaillé pour Vogue pendant de longues années, tombe amoureuse de Santa Fe lors d’un voyage au Nouveau-Mexique et décide d’y créer une boutique de mode. Du chapeau de cow-boy aux santiags de cuir, Nathalie vend toute une gamme de vêtements traditionnels et décrit son magasin comme “le Hermès du Western“!

Des vignes dans le désert

Les Français de Santa Fe manqueraient à leur réputation si il n’y avait pas parmi eux de fins cuisiniers et restaurateurs. De Clafouti à O’Keeffe Cafe en passant par le Zodiac, autant de tables françaises autour desquelles les touristes et locaux de Santa Fe peuvent venir s’asseoir et se rassasier. Au bout d’une petite rue piétonne ensoleillée, le Café Paris ouvre ses portes du petit-déjeuner jusqu’au dîner. Paul Perrier, le propriétaire est arrivé à Santa Fe il y a 15 ans. Son café est le rendez vous des “expats” qui s’y retrouvent chaque année pour le repas du 14 juillet. Au Ristra Restaurant tenu par Éric Lamalle qui a découvert la région lorsqu’il était moniteur de ski à Taos, Xavier, un chef passionné formé chez Joël Robuchon, prépare des soufflés au chocolat à faire pâlir de jalousie les meilleurs restaurateurs. Les Français de la région sont aussi viticulteurs: qui eut cru que des vignes pousseraient au milieu du désert ? Dans les années 1980, la famille Gruet propriétaire de larges vignobles en Champagne décide de tenter l’expérience au Nouveau-Mexique. Vingt-cinq ans plus tard, la Gruet Winery est la troisième entreprise de mousseux aux États-Unis et exporte son Pinault Noir et son Chardonnay sur tout le territoire américain.

Sculpteurs, viticulteurs, restaurateurs, il est sans aucun doute difficile de trouver une telle diversité de Français dans une ville qui ne compte que 60 000 habitants. La petite communauté française de Santa Fe est à l’image de l’endroit qu’elle s’est choisi, originale et attachante.


Guide

Alliance Française d’Albuquerque
2917 Carlislde Boulevard
Albuquerque, NM
Tél. : 505 872 9288

Groupe français d’Albuquerque
Tél. : 505 260 0358
www.zes.aps.edu/wilson/francais.html

Accueil Santa Fe
Tél. : 857 413 1443
www.santafeaccueil.com

Où dormir ?

-Motels
Garrett’s Desert Inn : à deux blocs de la Plaza
(Centre Ville). Tél. : 505 982 1851
Pecos Trail Inn. Tél.: 505 982 1943

-Hôtels « trois étoiles »
Hotel Santa Fe : au sud ouest de la ville Tél.: 800 825 9876
Inn at Loretto : à deux pas de la cathédrale et de la
Plaza. Tél.: 505 988 5531
La Fonda. Tél.:505 982 5511

Restaurants français

Ristra Restaurant
548 Agua Fria Street
Tél. : 505 982 8608

Café Paris
31 Burro Alley Tél. : 505 986 9162

Clafouti
402 Guadaloupe Street Tél. : 505 988 1809

O’Keeffe Café

217 Johnson Street Tél. : 505 846 1065

Le Zodiac Café

311 Old Santa Fe Trail Tél. : 505 984 8500

Galeries

Nedra Matteucci Gallery et Gerald Peters Gallery, deux des plus importantes galeries de Santa Fe qui présentent notamment des oeuvres de l’art western et certains peintres américains du XIXe (1075 et 1011 Paseo de Peralta).

Jean-Claude Gaugy Gallery, graveur et peintre sur bois français (418 Canyon Road).

Seven-O-Seven Gallery, oeuvres du sculpteur sur bois français Pascal Pierme (707 Canyon Road)

Zane Bennet Gallery, galerie d’art contemporain, tenue par Christian Cheneau (826 Canyon Road).

Boutique

Provence in Santa Fe
216 West San Francisco Street
Tél. : 505 992 8910

Les Français d’Albuquerque

« Il y a plus de 3 000 Français au Nouveau-Mexique et une bonne partie d’entre eux habitent à Albuquerque et dans les environs » explique Perry E. Bendicksen le consul honoraire. L’Alliance Française d’Albuquerque, ville située à quelques kilomètres au sud de Santa Fe, compte 250 adhérents et propose aussi bien des cours de français que des « cafés causette », rendez-vous mensuels de conversation. Martine, jeune Américaine mariée à un Français, a inscrit sa fille de 7 ans aux cours pour enfants de l’Alliance Française. « C’est vraiment bien
d’avoir prévu des cours pour les plus petits parce que c’est à cet âge-là que l’on assimile le mieux les langues », explique-t-elle. La communauté française d’Albuquerque se retrouve aussi chaque année pour le festival du Beaujolais Nouveau dans l’un des restaurants français de la ville, La Crêpe Michel. À Albuquerque, on trouve aussi des chercheurs français, employés du laboratoire international de Sandia spécialisé dans le nucléaire et la non prolifération des armes de destruction massive. Patrick Giraut, lui, a travaillé pendant plus de 20
ans au laboratoire de Los Alamos, autre grand centre de recherche du Nouveau-Mexique. C’est ici que la première bombe atomique fut créée en 1945.

Et aussi…
Les Français de Santa Fe : petit kaléïdoscope

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