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L’est des Etats-Unis attend une invasion de cigales

L’est des Etats-Unis attend une invasion de cigales : conçue il y a 17 ans, toute une génération de ces insectes va sortir en même temps de terre par milliards pour s’accoupler, pondre et mourir dans un concert assourdissant.

En fait, “l’émergence de Brood II (Génération II) a commencé”, s’enthousiasmait lundi le site cicadamania.org, où les fans de cigales en ont déjà repéré émergeant de terre en Caroline du Nord ou dans le New Jersey. Mais cet extraordinaire phénomène est attendu dans tous les Etats longeant la côte jusqu’au Connecticut, aux abords de New York comme de Washington, où le pic de la nuée devrait avoir lieu dans la seconde quinzaine de mai.

Cette émergence de masse survenant tous les 17 ans par génération ne concerne que les “cigales périodiques”, les “magicicadas”, qui n’existent que dans l’est des Etats-Unis. A titre d’exemple, la cigale provençale se reproduit quasiment tous les ans. Les générations sont dûment répertoriées et classées par chiffre romain. Il en existe 15, dont trois se reproduisent tous les 13 ans et non 17. Il y a donc invasion quasiment tous les ans d’une génération, mais à étendue variable.

Dans quelques jours, c’est la “génération II” conçue il y a 17 ans – Bill Clinton était alors président – qui va sortir de terre et se reproduire lors d’une véritable orgie de plusieurs semaines. Pendant ces 17 ans, les larves sont restées enfouies à quelque 20 cm sous la surface du sol, se nourrissant de la sève des racines.

“Concert de rock”

Puis, quand la température du sol atteindra les 17 degrés, “elles vont muer, se précipiter sur les arbres, les mâles vont courtiser les femelles, les femelles pondre des oeufs qui se transformeront en larves”, résume l’entomologiste de l’Université du Maryland Michael Raupp. Les larves tomberont et s’enfouieront sous le sol “où elles resteront à se nourrir pour 17 autres années”, ajoute-t-il. Ces hémiptères noirs font deux à trois cm de long, ont des yeux rouges et des ailes translucides à nervures orange. Elles ne piquent pas et ne posent de réels dangers qu’aux tout jeunes arbres dont elles vont pomper la sève.

Il peut y en avoir de 1 000 à 2 000 au m2, le tout dans un vacarme assourdissant de tymbal, la membrane abdominale qui fait striduler le mâle appelant sa femelle. “On peut comparer ça à un concert de rock”, dit Mr Raupp. La majorité mourront. Les “cigales adultes sont un source énorme de nourriture pour divers animaux, surtout les oiseaux, mais aussi les petits mammifères comme les souris”, ajoute Andrew Liebhold, entomologiste au ministère de l’Agriculture. Ils vont se régaler. “Elles ont plus de protéines et moins de graisse qu’un steak”, assure M. Raupp, qui pour sa part les préfère crues.

A moins qu’on ne passe en cuisine avec à la main un petit manuel signé de la biologiste Jenna Jadin, quand elle était étudiante à l’Université du Maryland: manger une cigale, c’est presque manger du crabe ou du homard, écrit-elle, car ce sont aussi des arthropodes. Et donc après les avoir fait bouillir quatre ou cinq minutes, pourquoi ne pas déguster les “cigales Maryland” – 250 grammes de cigales par personne – avec oignons, pommes de terre et maïs, des “cigales Shanghaï” avec sauce soja, ail et navet, une “pizza à la cigale” avec basilic, olives et oignons, ou même en cookies, ces petits gâteaux secs, avec noix en option.

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