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L’Euro-2016, des retombées économiques conséquentes pour la France

L’organisation de l’Euro 2016 attribuée vendredi à la France devrait engendrer des retombées économiques conséquentes, avec des effets à long terme notamment sur la fréquentation touristique même s’il reste difficile de quantifier l’impact réel d’un tel événement.

Pour l’instant, seul le coût de l’Euro 2016 est connu. La France va devoir débourser 1,7 milliard d’euros pour moderniser et construire les 12 stades qui vont accueillir les matchs. Cette somme, importante, est la seule dépense prévue. Car contrairement à une Coupe du monde de football organisée par la Fifa, le budget de fonctionnement de la compétition est assuré par l’Uefa lors d’un Euro.

Le financement, pris en charge à 40% par les pouvoirs publics, ne devrait peser que partiellement sur les contribuables en raison du recours important au financement privé. “L’Euro est une excellente chose si on arrive à faire financer par le privé la grande partie des investissements, or ce n’est pas encore le cas, a nuancé Philippe Villemus, professeur d’économie et ancien directeur marketing de la Coupe du monde 1998 organisée en France.

Les retombées économiques sont elles plus compliquées à prévoir, même si la plupart des spécialistes s’accordent à dire que l’Euro est une “bonne chose”. Le tourisme est bien évidemment le principal secteur qui doit profiter de ce tournoi européen.

“L’Euro en France, c’est un booster extraordinaire”, assure le directeur du cabinet Protourisme Didier Arino, affirmant que l’Euro 2016 pourrait même engendrer “près de 8 milliards d’euros de retombées directes et indirectes”.

Une somme qui semble toutefois un peu extravagante pour M. Villemus. “C’est bien trop et c’est surtout inquantifiable”, tempère-t-il. Ce qui est certain, c’est que les retombées économique d’un Euro sont très largement inférieures à une Coupe du monde et aux Jeux olympiques, “c’est sans commune mesure”, assure M. Villemus.

Les derniers grands événements sportifs organisés par la France fournissent quelques indices. Lors de la dernière coupe du monde rugby organisée en France en 2007, Protourisme a estimé que près d’un milliard d’euros avait été généré.

Après la Coupe du monde de football en 1998, la fréquentation touristique avait été stimulée pendant des années, rappelle M. Arino, qui prévoit que le phénomène se reproduise avec l’Euro: “ça aura un impact sur le long terme”. “Les retombées seront évidemment à long terme, en revanche les dépenses sont à court terme”, abonde Philippe Villemus.

L’engagement de la France à rénover et construire des stades va en tout cas permettre de se doter d’un parc d’équipement sportif pérenne, capable d’être rentable sur plusieurs dizaines d’années.

“C’est ça le plus important”, explique Loïc Yviquel, fondateur de sportlabgroup, une agence de marketing spécialisé dans le sport, cela va booster le football professionnel et permet ensuite d’accueillir d’autres évènements”. “Cela va aussi générer de l’emploi, mais je reste mesuré sur le réel impact économique que ça devrait avoir”, nuance-t-il.

Pour l’hôtellerie et la restauration, les dates -qui ne sont pas encore fixées- seront déterminantes. “Si vous offrez un surcroît de demandes aux hôteliers, c’est une bonne chose, mais si vous faites venir des gens quand les hôtels sont déjà pleins, ça ne sert à rien”, explique Bertrand Lecourt, vice-président de l’Umih, le principal syndicat de l’hôtellerie-restauration.

“Mais cela va apporter un plus à la France et à Paris en particulier”, prévoit M. Lecourt. Quant à la quantifier, c’est un peu plus compliqué.”

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