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L’exploit du Français Philippe Petit récompensé par un Oscar

Le funambule français Philippe Petit a provoqué les éclats de rire du public lors de la cérémonie des Oscars dimanche soir à Los Angeles en plaçant en équilibre sur son menton la statuette qui recompensait Man on Wire, le documentaire qui relate son histoire. Grand vainqueur de la soirée : Slumdog Millionaire qui remporte l’Oscar du meilleur film.

Un film relatant l’exploit du funambule français Philippe Petit, qui avait marché en 1974 entre les tours du World Trade Center à New York, a reçu l’Oscar 2009 du documentaire. Man On Wire, du Britannique James Marsh, conte les préparatifs et l’exécution de cet exploit insensé, mené en toute illégalité. M. Petit et une poignée d’amis s’étaient fait passer pour des journalistes d’une revue d’architecture afin d’avoir accès au toit des Twin Towers et le funambule avait été arrêté par la police. Le film ne fait volontairement aucune référence aux attentats qui devaient détruire les tours jumelles, 27 ans après. (Lire l’article de France-Amérique sur “Man on Wire”)

Philippe Petit est monté sur la scène des Oscars au côté de M. Marsh et a fait éclater de rire l’assistance après avoir remercié l’Académie des arts et des sciences du cinéma pour « croire à la magie », en faisant disparaître une pièce au creux de sa main, avant de placer l’Oscar à l’envers sur son menton, en équilibre.

Dans la catégorie du documentaire, Man On Wire était opposé à The Betrayal, sur une famille Lao éparpillée par la guerre du Vietnam et Encounters at the end of the world de l’Allemand Werner Herzog, qui a planté ses caméras en Antarctique.

Les deux autres concurrents étaient The garden, sur la lutte pour préserver des promoteurs un jardin potager au milieu du quartier de South Central à Los Angeles et Trouble the water, histoire d’un rappeur sur fond de dévastations de l’ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans.

Slumdog Millionaire a régné sans partage dimanche sur les 81e Oscars en obtenant huit statuettes dont celle du meilleur film, tandis que Kate Winslet et Sean Penn sont repartis avec les trophées des meilleurs acteurs.

Slumdog, un film à petit budget, sans vedettes et qui avait même failli ne pas être distribué en salles, a terminé en beauté à Hollywood son incroyable parcours, remportant huit des neuf catégories dans lesquels il était nommé. Outre l’Oscar du film, la plus convoitée des 24 statuettes dorées en jeu, l’œuvre qui raconte le destin d’un orphelin de Bombay gagnant contre toute attente à un jeu télévisé a valu à Danny Boyle l’Oscar du meilleur réalisateur. Le Britannique a remercié « tous ceux d’entre vous qui nous ont aidés et ceux qui ne l’ont pas fait ».

Auparavant, Slumdog avait enlevé les trophées du scénario adapté, de la photographie, du montage et du mixage sonore, puis valu au compositeur indien A.R. Rahman deux statuettes, pour la musique et la chanson originales. Il était nommé deux fois dans cette dernière catégorie.

Cinq ans après son Oscar du meilleur acteur grâce à son personnage de père vengeur dans Mystic River, Sean Penn a effectué le doublé en obtenant le même prix pour un rôle aux antipodes, celui de Harvey Milk, flamboyant pionnier des droits des homosexuels.

« Je pense que c’est le moment pour ceux qui ont voté pour l’interdiction du mariage homosexuel (en Californie, ndlr) de s’asseoir et de réfléchir à leur grande honte et à la honte dans les yeux de leurs petits enfants s’ils continuent à se comporter ainsi », a lancé Penn, très applaudi. Harvey Milk a aussi obtenu l’Oscar du scénario original.

Pour Kate Winslet, la sixième nomination a été la bonne : 12 ans après Titanic, la Britannique s’est vu décerner l’Oscar de la meilleure actrice grâce au <i>Liseur</i> où elle incarne une ancienne gardienne de camp nazi.

Très émue, l’actrice britannique a assuré qu’elle avait déjà répété son discours de remerciements devant son miroir de salle de bain… à l’âge de huit ans en tenant un flacon de shampooing en lieu et place de la statuette. « Aujourd’hui, ce n’est plus un flacon de shampooing », a-t-elle lancé.

De l’émotion, il y en a eu aussi au théâtre Kodak lorsque Heath Ledger, décédé en janvier 2008 à l’âge de 28 ans, a été distingué par l’Oscar du second rôle masculin au titre de Batman, le chevalier noir dans lequel il jouait le diabolique Joker. « Nous savions tous deux que ce que tu avais créé avec le Joker était tellement spécial et nous avions même parlé d’être là pour ce grand jour », a déclaré sa sœur Kate, très émue aux côtés de ses parents venus recevoir l’Oscar du disparu.

Au début de la cérémonie, Penélope Cruz est devenue la prem

ière Espagnole à recevoir un Oscar, celui du second rôle féminin pour Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen. La statuette de l’œuvre en langue étrangère a été attribuée au film japonais Departures, l’histoire d’un violoncelliste qui devient embaumeur après la faillite de son orchestre. L’Oscar du film d’animation est allé à Wall-E, fable du studio Pixar sur un robot compacteur de déchets laissé seul au monde. L’étrange histoire de Benjamin Button, qui était nommé 13 fois, s’est contenté de trois Oscars techniques : direction artistique, effets visuels et maquillage.

Les Oscars sont organisés depuis 1929 par l’Académie des arts et des sciences du cinéma. Son collège électoral est composé de 5810 professionnels cooptés.

 

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