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Libre-échange: coup d’envoi des négociations entre les Etats-Unis et l’Europe

Les négociations entre l’Union européenne et les Etats-Unis sur le traité commercial transatlantique se sont ouvertes lundi 8 juillet à Washington, dans un climat terni par les révélations sur l’espionnage américain des institutions européennes.

Cet accord de libre-échange entre les Etats-Unis et l’Union européenne doit favoriser l’ouverture d’un marché potentiel de plus de 800 millions de consommateurs en abaissant notamment les droits de douane entre les deux continents. Les deux parties, qui représentent un tiers du commerce mondial, espèrent ainsi libéraliser leurs échanges, gagner des marchés et faire grimper leur croissance.

Un moteur pour la création d’emplois

Le premier round de discussions s’est ouvert dans la capitale américaine dans la plus grande discrétion et en l’absence de tout médias, sous l’égide du représentant au Commerce extérieur américain (USTR), Michael Froman, et du négociateur en chef européen, Ignacio Garcia Bercero, un haut fonctionnaire de la Commission. “Un commerce libre et équitable de part et d’autre de l’Atlantique soutiendra des millions d’emplois américains bien payés”, avait déclaré le président américain Barack Obama en février, amorçant le début de ce processus destiné à contourner l’impasse des discussions multilatérales à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Côté européen, ce nouveau marché pourrait permettre de combattre la récession qui frappe la zone euro depuis six trimestres consécutifs. “C’est le plan de relance le moins coûteux qu’on puisse imaginer”, avait assuré en mars Karel De Gucht, le Commissaire européen au Commerce qui sera en charge des discussions. Selon une récente étude du Centre for Economic Policy Research, basé à Londres, l’accord transatlantique sur le commerce et l’investissement (TTIP) devrait injecter chaque année 119 milliards d’euros dans l’économie européenne et 95 milliards dans celle des Etats-Unis.

Points de crispations

Très importantes sur le plan économique, ces négociations techniques, menées par les Etats-Unis et la Commission européenne au nom des Vingt-Huit, étaient passées relativement sous silence ces derniers temps. Elles ont été à nouveau médiatisées depuis l’affaire des écoutes américaines. Ce scandale médiatique a conduit le président François Hollande à évoquer un report de l’ouverture des pourparlers, annulé depuis.

En marge des négociations commerciales, Européens et Américains devaient se retrouver lundi dans la capitale américaine pour tenter de crever l’abcès sur cette affaire d’espionnage, sous l’égide du ministère de la Justice. Cette passe d’armes diplomatique pèsera-t-elle sur la suite ? “Les gouvernements de l’UE se doivent de montrer qu’ils s’opposent un peu aux Etats-Unis mais cela n’aura pas d’effet à long terme sur l’accord”, selon Joshua Meltzer, de la Brookings Institution.

Un rapport de force nécessaire

La France avait obtenu peu auparavant, après un bras de fer avec la Commission européenne, l’exclusion temporaire du secteur de l’audiovisuel du mandat de négociation au nom de l'”exception culturelle”. Autre cheval de bataille, la question des normes et barrières réglementaires à l’exportation qui diffèrent de part et d’autre de l’Atlantique, et le principe de précaution invoqué pour justifier l’interdiction des organismes génétiquement modifiés (OGM) américains. Enfin, l’accord de libre-échange vise à faciliter l’accès aux marchés publics américains, très fermés. Un enjeu de taille.

Les Américains pourraient eux aussi défendre bec et ongles leurs secteurs protégés et notamment leur législation (Small Business Act, Buy American Act…) qui réserve certains marchés publics en priorité aux PME américaines, au détriment des entreprises étrangères.”Nous sommes très inquiets de la volonté de l’UE d’ouvrir à la concurrence les marchés publics” a récemment déclaré Scott Paul, président de l’alliance manufacturière américaine (AAM), principal groupe de défense des intérêts industriels du pays.


 

 

 

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