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Liliane Bettencourt est entendue par la brigade financière

La milliardaire Liliane Bettencourt était entendue lundi à son domicile dans l’enquête sur le contenu des enregistrements clandestins, première étape d’une semaine clé au cours de laquelle le ministre du Travail, Eric Woerth, doit également être auditionné.

De retour de vacances dans sa résidence de Formentor, en Espagne, l’héritière de L’Oréal était entendue depuis 11H00 par les policiers de la Brigade financière, à son domicile de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), a-t-on appris de source proche du dossier. Cette audition, toujours en cours lundi midi, s’accompagnait d’une perquisition effectuée au domicile de la milliardaire, a précisé à l’AFP une source proche de l’enquête. Lundi, vers 11H00, l’avocat de la milliardaire, Me Georges Kiejman, était arrivé en taxi devant le domicile de sa cliente, laissant présager un début d’audition imminent, selon un journaliste de l’AFP sur place. “Je ne vais pas assister Mme Bettencourt lors de son interrogatoire qui se passera sans mon concours”, avait cependant déclaré Me Kiejman devant plusieurs journalistes. “Ma présence ici est affectueuse, qui pallie l’absence de sa fille”, avait-il ajouté.

Au coeur de la tempête politico-judiciaire depuis bientôt six semaines, Mme Bettencourt devait être notamment questionnée sur deux comptes qu’elle détient en Suisse, dotés de plusieurs dizaines de milliers d’euros, ainsi que sur l’île d’Arros, aux Seychelles, dont l’identité du propriétaire est encore floue. Au total, cinq enquêtes ont été ouvertes dans cette affaire, déclenchée par la découverte d’enregistrements clandestins de conversations entre Liliane Bettencourt et son entourage, réalisés entre mai 2009 et mai 2010 par son ancien majordome. Ces enregistrements suggèrent des opérations de fraude fiscale dans la gestion de la fortune de la milliardaire, mais aussi un possible conflit d’intérêts pour Eric Woerth, alors ministre du Budget, puisque son épouse a travaillé deux ans et demi dans la société Clymène, chargée de cette gestion.

Occupé la semaine passée à défendre le projet de réforme des retraites devant les députés, le ministre, qui se disait impatient de s’expliquer, devrait être entendu en début de semaine par la brigade financière. Selon une source proche de l’enquête, son audition pourrait avoir lieu mardi. Selon le parquet de Nanterre, c’est dans le cadre d’une seule enquête, portant sur les éléments révélés par les enregistrements clandestins (conflit d’intérêts, fraude fiscale), que le ministre sera entendu, tout comme l’a été sa femme le 21 juillet et l’ancien employeur de celle-ci, le gestionnaire de fortune Patrice de Maistre, avant elle. Le financement de l’UMP par les Bettencourt, dans ce cade, ne devrait donc être abordé qu’à la marge : si ces écoutes révèlent bien des dons de la milliardaire au parti du président Nicolas Sarkozy, rien n’indique que les montants légaux aient été dépassés.

Les accusations de financement illégal reposent sur les déclarations réitérées de l’ex-comptable de Mme Bettencourt, Claire Thibout, pour lesquelles un autre enquête est ouverte. Elle affirme que Patrice de Maistre lui avait demandé de retirer 150.000 euros en pleine campagne présidentielle qu’il aurait ensuite remis à Eric Woerth. Des accusations “tout simplement ridicules”, a balayé Patrice de Maistre dans un entretien au Journal du Dimanche. Son avocat, Me Pascal Wilhelm, a confirmé à l’AFP que le gestionnaire de fortune avait bien rencontré le trésorier de l’UMP mais a nié toute remise d’argent.

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