Subscribe

Liliane Bettencourt, la femme la plus riche de France placée sous tutelle

Femme la plus riche de France, troisième fortune de l’Hexagone, Liliane Bettencourt, placée sous tutelle lundi à quelques jours de ses 89 ans, a toujours revendiqué envers et contre tout une liberté souveraine.

La vieille dame, qui s’est longtemps dérobée aux expertises médicales demandées par sa fille, Françoise Bettencourt-Meyers, souffrirait d’une “démence mixte” et de la maladie d’Alzheimer. Des défaillances qu’elle masquait derrière des traits d’esprit et un évident appétit de vivre.

Ses relations avec sa fille unique ont toujours été conflictuelles. “Ils veulent m’enfermer”, prévenait-elle dans une interview au Journal du Dimanche juste avant sa mise sous tutelle. “Si c’est cela, je pars à l’étranger. Si ma fille s’occupe de moi, j’étoufferai.”

Avec ses écharpes coquettes et sa mise en plis impeccable, Liliane Bettencourt a longtemps impressionné son auditoire malgré le poids de l’âge et ses difficultés d’audition. Son franc-parler détonne dans son milieu. Elle veut “s’exprimer librement et vivre selon ses envies”, voyager et recevoir dans son hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine, qui abrite des toiles de maîtres.

L’héritière du leader mondial des cosmétiques aura lutté jusqu’au bout pour justifier ses choix, qu’il s’agisse d’investissements financiers ou de cadeaux parfois démesurés, comme ceux dont a bénéficié le photographe François-Marie Banier, un artiste qui l’aura amusée au grand dam de ses proches.

Culte du père

Née le 21 octobre 1922 à Paris, Liliane est élevée dans la rigueur, chez les Dominicaines. Sa mère, pianiste, meurt quand elle a 5 ans. A 15 ans, elle fait ses premiers stages chez L’Oréal. Depuis, elle se considère comme dépositaire de l’oeuvre de son père, Eugène Schueller, fondateur de l’entreprise. Cet Alsacien, issu d’un milieu modeste, a été l’un des dirigeants et principal soutien financier de la Cagoule, organisation clandestine d’extrême droite dans les années 1930.

Liliane voue un culte à ce père dévoué mais très pris par ses affaires, metteur au point des premières teintures capillaires de synthèse. Après la guerre, Liliane soigne un début de tuberculose en Suisse. Elle y rencontre André Bettencourt, ami de François Dalle, futur président de L’Oréal. Ils se marient en 1950 et, trois ans plus tard, naît Françoise. Eugène meurt en 1957. Liliane ne s’installe pas dans le fauteuil de PDG de L’Oréal, mais siège face aux patrons successifs du groupe, afin de démontrer que rien ne se fait sans elle. Elle aime prendre des risques qui rapportent gros à l’entreprise.

Avec son mari, elle forme un couple phare des salons parisiens. André Bettencourt, plusieurs fois ministre de De Gaulle et Pompidou, était très proche de sa fille. Son histoire a croisé celle de François Mitterrand pendant la Seconde Guerre mondiale où, comme ce dernier, il entretint des relations ambiguës avec Vichy, avant de rejoindre la Résistance.

“Les relations fille-mère ne sont pas les relations fille-père”, notait Liliane, en référence à Françoise mais peut-être aussi à sa propre enfance. Après la mort de son mari, en 2007, elle a créé la Fondation caritative Bettencourt-Schueller.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related