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Liliane Bettencourt ne rendra de compte à personne

L’héritière de L’Oréal Liliane Bettencourt a accueilli vendredi avec «grande satisfaction et soulagement» le rejet de la deuxième demande de mise sous tutelle déposée par sa fille, Françoise Meyers Bettencourt.

Le procureur Courroye a jugé irrecevable en l’état la demande de saisine du juge des tutelles déposée par la fille de Liliane Bettencourt, en raison de l’absence de certificat médical sur l’état de santé de la milliardaire

«J’aimerais pouvoir croire que cet acharnement va s’arrêter», estime Mme Bettencourt dans un communiqué transmis depuis Formentor, en Espagne.

«L’exposition de ma vie privée, de celles de mes proches et les accusations odieuses que je lis chaque matin ne sont rien face à la violence qui m’est faite par ceux qui souhaitent me mettre sous clé et me priver de ma liberté et donc de ma vie», poursuit Mme Bettencourt, qui devrait être prochainement entendue dans le cadre d’une enquête préliminaire menée à Nanterre.

«Comme mon père l’a fait pour moi, j’ai assuré la fortune de ma fille et de ses enfants en leur transmettant l’ensemble de la participation dans L’Oréal et l’essentiel de nos biens familiaux», souligne-t-elle.

«Je souhaite ardemment qu’ils jouissent de leur vie et de leur liberté comme j’entends continuer à le faire moi-même», poursuit la milliardaire.

«S’agissant du reste de mes biens, de mes choix, des donations que j’ai pu organiser tout au long de ma vie, je vais, comme je l’ai toujours fait, et sans rendre de compte à personne, vivre grâce à cette force et à cette liberté que j’ai hérité et appris de mon père», ajoute Mme Bettencourt.

«Que ma fille ait la décence d’attendre le jour de ma mort pour savoir ce que j’aurais librement décidé dans mon tout dernier testament», conclut Liliane Bettencourt.

Un refus de retrait de 500 000 euros par Dexia

A chaque jour son nouvel épisode dans l’affaire Bettencourt. L’hebdomadaire Marianne révèle, dans son édition de samedi, que la banque Dexia, où l’ex-comptable de la milliardaire avait retiré à sa demande 100 000 euros en espèces quatre mois avant la Présidentielle de 2007, a refusé au préalable un retrait de 500 000 euros.

La banque Dexia, où l’ex-comptable de Liliane Bettencourt a retiré à sa demande 100 000 euros en espèces quatre mois avant la présidentielle de 2007, a refusé au préalable un retrait de 500 000 euros à la milliardaire, affirme l’hebdomadaire Marianne à paraître samedi.

Selon Marianne, qui cite des documents internes de la banque découverts lundi par les enquêteurs de la brigade financière, «Liliane Bettencourt avait demandé à tirer non pas 100 000, mais 500 000 euros» à la banque Dexia, en décembre 2006.

«Devant l’énormité d’un tel retrait, et craignant sans doute d’avoir à se justifier devant Tracfin, l’organisme chargé de la lutte contre les mouvements illicites de capitaux, les responsables de la banque (…) ont refusé de lui accorder une telle somme», poursuit l’hebdomadaire, qui s’interroge sur la destination de cet argent.

Sollicité, le groupe bancaire franco-belge Dexia s’est refusé à tout commentaire. Un porte-parole a cependant rappelé qu’à l’époque des faits, l’agence faisait partie de l’entité Dexia Banque Privée France, qui était en train d’être cédée à BNP-Paribas. L’opération a été finalisée au 1er trimestre 2007. Interrogée, la banque BNP Paribas s’est également refusée à tout commentaire.

Dans un entretien accordé début juillet à Mediapart, l’ex-comptable a évoqué un financement politique illégal par le couple Bettencourt, assurant notamment que le ministre du Travail, Eric Woerth, trésorier de l’UMP, avait reçu 150 000 euros en espèces au printemps 2007 pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Entendue par les policiers, Claire Thibout est revenue partiellement sur certaines de ses déclarations mais a maintenu ses accusations sur le financement de la campagne présidentielle de 2007, qualifiées de calomnieuses par M. Woerth et l’Elysée.

Selon Marianne, les agendas de l’ancienne comptable et du gestionnaire de fortune de Mme Bettencourt, Patrice de Maistre, saisis par les policiers au cours de leurs perquisitions, font bel et bien état de rencontres entre le gérant de fortune de la milliardaire et M. Woerth en janvier 2007.

Dans l’agenda de Mme Thibout, un rendez-vous avec M. de Maistre serait mentionné, le jeudi 18 janvier, avec la mention: «Pour donner enveloppe qui donnera à Patrice». Dans celui de M. de Maistre, un rendez-vous avec Eric Woerth dans un «café» serait indiqué le vendredi 19 janvier.

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