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L’impressionnisme français de retour à Washington

Après deux ans de fermeture, les galeries de la National Gallery of Art à Washington dédiées aux impressionnistes français viennent de rouvrir sous l’égide de Mary Morton, la conservatrice du musée. Le public peut désormais admirer les quelque 160 œuvres de Monnet, Cézanne, Gauguin ou Renoir.

Avec la réouverture, le 4 février, des salles de la National Gallery of Art dédiées aux impressionnistes français, Mary Morton vient d’achever un de ces projets dont tous les conservateurs de musée rêvent…

Responsable du département des peintures françaises du musée, elle a été chargée de reconfigurer 14 galeries, soit de revoir l’emplacement de près de 160 œuvres impressionnistes. Conservatrice expérimentée – elle a fait ses classes au musée J. Paul Getty de Los Angeles – Mary Morton s’est attelée à la tâche pendant deux ans. Avec ses idées : fini le classement chronologique et par artiste, très courant dans les musées, elle a opté pour une organisation thématique, plus intéressante à son sens pour aborder le mouvement pictural de la seconde moitié du XIXe siècle. « Nous avons la chance d’avoir une très grande collection couvrant l’ensemble de la période et des artistes », explique-t-elle, énumérant ces derniers : Renoir, Manet, Gauguin, Cézanne, Monnet, Degas, Van Gogh, Picasso, Modigliani…

« L’idée, c’est d’avoir un thème par galerie, avec, dans la même pièce, différents peintres que l’on peut écouter se parler les uns aux autres », résume la conservatrice. Ainsi, Delacroix et Matisse cohabitent dans une salle d’œuvres d’inspiration nord-africaine, à côté d’une galerie où Gauguin et Van Gogh se font face par tableaux interposés. Plus loin, c’est Paris du Second empire qui sert d’inspiration à Pissarro, Manet, et Renoir… « Nous avons aussi des pièces moins connues, comme ces peintures d’intérieurs, plus intimistes, très différentes des paysages impressionnistes », ajoute-t-elle en faisant admirer un portrait d’Édouard Manet.

Mais ce n’est pas pour des raisons artistiques que la réorganisation des œuvres impressionnistes françaises de la National Gallery of Art a été lancée. Non, Mary Morton a pu se voir proposer cette opportunité grâce à… la vétusté des lieux, puisque ce sont des travaux de plomberie – entre autres – qui ont obligé le musée à fermer l’aile en novembre 2009 pour ne la rouvrir que deux ans plus tard. « Cela a été très dur de ne pas pouvoir montrer ces œuvres pendant deux ans », se rappelle-t-elle, précisant au passage que quatre millions de visiteurs se pressent chaque année dans l’aile impressionniste française, la partie la plus populaire du musée.

Ce petit regret est néanmoins vite oublié face à la satisfaction du travail accompli. « Cette possibilité de pouvoir réorganiser une aile d’un tel musée ne se présente pas souvent dans une carrière », précise la conservatrice, c’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles je suis venue travailler ici, sans compter que je suis spécialisée dans la période concernée ». Pas encore tout à fait remise de ses émotions et de l’opportunité qui lui a été offerte, Mary Morton conclut : « Après un projet comme cela, on peut partir à la retraite tranquille et sans regrets ! »

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