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“L’interdiction de danser” continue à jouer les rabat-joie à Pâques en Allemagne

“L’interdiction de danser” qui accompagne en Allemagne certaines fêtes religieuses a continué à jouer les rabat-joie en ce weekend de Pâques, en dépit de la grogne de certains.

Le petit parti des Pirates notamment avait appelé à la désobéissance sous le slogan “danser contre l’interdiction de danser – seul plutôt qu’ensemble”. Devant l’impossibilité d’obtenir les autorisations nécessaires, les Pirates avaient renoncé à organiser une manifestation publique, préférant inviter chacun à se rebeller en dansant dans son jardin ou sur sa terrasse. “Dans la société séculaire qu’est l’Allemagne, la loi régissant les jours fériés ne peut et ne doit pas être taillée sur mesure par et pour les croyants”, s’insurge le parti sur son site internet.

“L’interdiction de danser”, inscrite dans la loi, concerne les concerts ou fêtes publiques mais aussi par exemple les événements sportifs. Chaque Etat régional a ses propres jours d’interdiction, soit toute la journée, soit pendant des plages horaires strictement définies. Celle du Vendredi Saint est la plus draconienne. Elle concerne tous les 16 Länder (Etats régionaux) et s’applique dans 13 d’entre eux toute la journée. Dans certains elle se poursuit le samedi, voire jusqu’au dimanche midi.

Dans la pratique cela signifie que discothèques et autres clubs doivent fermer boutique ce jour-là, ou ne pas laisser festoyer leurs clients trop bruyamment. “Les patrons de restaurant et de discothèques savent bien qu’ils risquent des amendes”, a expliqué à l’AFP un porte-parole de la police de Stuttgart (ouest), laquelle n’a pratiquement pas constaté de violations de “l’interdiction de danser” vendredi. Les matchs du vendredi du championnat allemand de football, la Bundesliga, sont également supprimés le Vendredi Saint.

La grogne contre cette législation jugée par certains peu en adéquation avec son temps ne date pas d’hier. Une page Facebook “contre l’interdiction de danser” existe depuis 2009, et l’an dernier déjà les Pirates avaient appelé à danser quand même, à Francfort (ouest) notamment. Mais le combat des Pirates ne fait pas l’unanimité dans une société où Eglise et Etat ne sont officiellement pas séparés et où les Eglises, même si elles n’attirent plus les foules, restent une autorité morale importante. “Il est intéressant que ceux qui partent en campagne avec fureur (contre l’interdiction de danser) ne veulent aucunement supprimer le Vendredi Saint lui-même”, relevait ironiquement un éditorial du journal régional Nordwest Zeitung, qui concluait “quiconque veut danser doit d’abord travailler”.

 

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