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“L’intervention de Dominique Strauss-Kahn m’a rappelé celle du président Clinton”

Maître Thibault de Montbrial a été choisi par les avocats américains pour représenter en France Nafissatou Diallo et aider à la recherche d’éventuelles autres victimes dans l’affaire Dominique Strauss-Kahn. Pour France-Amérique, il revient sur sa mission juridique et la confession de Dominique Strauss-Kahn dimanche dernier sur TF1.

France-Amérique : Le bâtonnier de Paris s’est entretenu avec vous au téléphone en juillet dernier au sujet d’une question de déontologie inédite en droit français. Quelle était cette question ?

Thibault de Montbrial : J’ai rencontré le bâtonnier de Paris le 1er juillet dernier. Il souhaitait connaître la nature du contrat conclu entre le cabinet d’avocats de Kenneth Thompson et le mien, et plus particulièrement savoir si j’allais recueillir moi-même le récit des femmes qui envisagent un témoignage dans l’intérêt de Madame Diallo pour la procédure américaine.

Quelles tâches vous sont accordées auprès de ces femmes ?

Après discussion, nous nous sommes accordés sur le fait que je pouvais expliquer à ces femmes les enjeux procéduraux de leur témoignage dans le cadre de la procédure américaine, mais qu’il ne m’appartenait pas d’entendre leur récit détaillé, tâche qui incombe directement aux avocats américains.

Pourquoi faire intervenir un avocat français en France, correspondant d’un avocat américain, dans le cadre d’une procédure américaine ?

L’avocat français peut d’une part apporter une aide à ses confrères américains en décryptant tous les éléments tant judiciaires que de contexte propres à la France dès lors que la procédure se déroule, certes aux Etats Unis, mais implique des éléments de rattachement à la France ; il peut également expliquer aux éventuels témoins français les enjeux de leur témoignage aux Etats-Unis.

Ne s’agit-il pas d’une situation inédite dans l’exercice de la profession d’avocat en France ?

C’est peut-être une première dans le cadre d’un dossier pénal aussi publiquement exposé ; il me semble cependant que c’est une situation assez courante dans le cadre de litiges civils ou commerciaux devant les tribunaux américains, lorsque certains aspects du dossier nécessitent des diligences en France.

Comment assurez-vous à distance le relai de Kenneth Thompson ?

Les moyens de communication modernes permettent de s’affranchir de la distance. Les obstacles principaux sont, d’une part, le décalage horaire, et d’autre part, sur certains points précis, des questions de vocabulaire et de culture juridiques, tant les systèmes français et américains sont différents.

La chaîne Canal+ a diffusé un montage soulignant la similitude de la confession de Dominique Strauss-Kahn dimanche sur TF1 et celle de l’ancien président américain Bill Clinton en août 1998, dans l’affaire Lewinsky. Avez-vous perçu ces similitudes ?

En regardant Monsieur Strauss-Kahn dimanche soir à la télévision, son intervention m’a aussitôt rappelé celle du Président Clinton en 1998. Le montage de Canal+ confirme cette impression, avec une démonstration édifiante de la similitude des méthodes de communication.

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