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L’iran s’en prend aux pays dotés de l’arme nucléaire à l’ONU

L’Iran, par la voix de son président s’en est pris violemment lundi aux pays dotés de l’arme nucléaire, notamment les Etats-Unis, les accusant de menacer le monde de ces armes, au premier jour de la conférence de suivi du traité de non-prolifération (TNP) à l’ONU. Les délégations française et américaine notamment ont quitté la salle pendant le discours de Mahmoud Ahmadinejad.

Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a demandé qu’un organe indépendant fixe une date butoir pour l’élimination de toutes les armes nucléaires et a réclamé la suspension des Etats-Unis de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’organe onusien chargé de superviser et réglementer les activités nucléaires dans le monde. Dans le cadre d’une réforme du TNP, il a réclamé “la création d’un groupe international indépendant, tenant son autorité de la conférence”. Ce groupe, a-t-il dit, “devra fixer une date butoir pour l’élimination totale des armes nucléaires, avec un calendrier précis”.

Il a exhorté à “la suspension de membres du conseil des gouverneurs de l’AIEA qui utilisent ou menacent d’utiliser les armes nucléaires”. “Comment les Etats-Unis peuvent-ils être membres du conseil des gouverneurs alors qu’ils ont utilisé l’arme atomique contre le Japon?”, a lancé le président iranien, accusant également Washington d’avoir utilisé des armes à uranium appauvri pendant la guerre d’Irak.

Pendant son intervention dans l’amphitéatre de l’Assemblée générale de l’ONU, de nombreuses délégations ont quitté la salle, dont les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Finlande, la République tchèque et le Maroc.

A l’ouverture, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a exhorté les Etats dotés d’armes nucléaires à réaffirmer sans équivoque leur détermination à les éliminer, estimant que “ne pas le faire serait un pas en arrière”. Il a appelé les Etats non signataires du TNP, entré en vigueur en 1970, à y adhérer “le plus tôt possible” et souhaité en attendant l’adoption “de mesures pour assurer la sûreté et la sécurité des arsenaux et de la technologie de ces pays”. Simultanément, Washington annonçait son intention de dévoiler la composition détaillée de son arsenal nucléaire, information jusqu’ici classée “secret”.

La secrétaire d’Etat Hillary Clinton devait annoncer cette initiative lors d’une intervention dans l’après-midi devant la conférence, à laquelle participent quelque 150 pays.

Cette conférence quinquennale sur le TNP, qui vise à progresser en matière de désarmement et renforcer la surveillance des programmes nucléaires, survient alors que le Conseil de sécurité débat d’un projet occidental de nouvelles sanctions contre l’Iran. M. Ban a d’ailleurs appelé l’Iran à se conformer aux résolutions du Conseil qui exigent qu’il suspende l’enrichissement d’uranium et à coopérer avec l’AIEA pour rassurer le monde sur la nature pacifique de son programme. Il a exhorté Téhéran à accepter l’échange de combustible nucléaire proposé par l’AIEA en octobre. Cette solution est dans l’impasse, l’Iran insistant pour que l’échange de matériels s’effectue en une seule fois et sur son sol, ce qui est rejeté par les autres puissances. Le chef de l’AIEA, Yukiya Amano, a affirmé devant la conférence que son agence était incapable de confirmer que toutes les activités nucléaires iraniennes étaient pacifiques.

Les Occidentaux accusent l’Iran de chercher à se doter secrètement de l’arme atomique, alors que Téhéran assure que son programme d’enrichissement d’uranium est uniquement civil.

La dernière révision quinquennale du TNP avait déjà été enflammée par des enjeux politiques immédiats et s’était conclue par un fiasco.

 

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