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Livres : le choix des Alliances Françaises des Etats-Unis

Avec l’initiative One Book, One Federation, la fédération des Alliances Françaises aux États-Unis promeut la littérature française à travers l’ouvrage d’un auteur contemporain. Cette année, le choix s’est porté sur le roman de Philippe Claudel, La petite fille de Monsieur Linh.

“Je suis touché et honoré du choix des Alliances Françaises, car c’est un roman auquel je tiens beaucoup» confie Philippe Claudel. Paru en France en 2005 et publié en anglais en 2011, La petite fille de Monsieur Linh (Monsieur Linh and His Child) raconte l’amitié qui se tisse entre deux hommes âgés et solitaires, issus d’horizons différents et qui ne parlent pas la même langue. Éxilé, Monsieur Linh a quitté son pays en guerre, emportant avec lui une petite fille qui ne pleure jamais, et qu’il berce d’histoires. Échoué sur un banc dans un pays étranger, il fait la connaissance de Monsieur Bark.

“Ce roman est né d’un rêve. Je me suis interrogé : que signifiait ce rêve ? Que pouvait donc attendre ce vieil homme ? J’ai fini par me dire qu’il attendait que je raconte son histoire, et que j’étais peut-être la dernière chance qu’il avait de ne pas disparaître, et avec lui son visage, son passé, les ombres qu’il portait en lui”poursuit l’écrivain. Comme souvent dans les romans de Philippe Claudel, il est question de deuil, de réparation et d’espoir, lorsque dans une situation désespérée, le soin qu’on prend d’un autre pousse à vivre et à aller de l’avant. “Lorsque j’ai relu le récit, j’ai été surpris par sa sobriété, qui n’est pas dans ma nature. Mais c’est probablement parce qu’il s’agissait ici d’une sorte de conte, ou de fable, qui se voulait sans doute universel et simple”.

Révélé avec Les Ames grises, prix Renaudot 2003 (porté à l’écran en 2005), qui avait pour toile de fond la guerre de 14-18 dans un village de Lorraine dont il est originaire, Philippe Claudel est l’auteur de plus d’une vingtaine de romans et poursuit également une carrière de cinéaste. Son premier film Il y a longtemps que je t’aime (I’ve Loved You So Long), mettait en scène les retrouvailles de deux sœurs à l’âge adulte, l’une devenue universitaire, l’autre ayant passé de nombreuses années en prison, incarnées respectivement à l’écran par Elsa Zylberstein et Kristin Scott Thomas.

“Dans un roman, le langage est sa propre finalité. Au cinéma au contraire, le langage est appelé à disparaître pour donner naissance à l’image. Il est vrai cependant que j’écris toujours mes romans en voyant les scènes parce que j’ai une imagination très visuelle.» témoignait-il à l’occasion de la sortie du film dans les colonnes de France-Amérique. Son dernier livre, L’enquête, vient d’être publié en anglais sous le titre The Investigation.

Des Américains à Paris au XIXe siècle, une génération retrouvée

La fédération des Alliances Françaises a décerné le Prix Charbonnier 2012 à l’historien David McCullough pour son livre The Greater Journey: Americans in Paris. Le nouvel ouvrage de l’éminent essayiste,- deux fois lauréat du prix Pulitzer pour ses biographies de Truman et de John Adams,- s’attache à faire découvrir la vague de jeunes Américains venus chercher leur vocation à Paris, entre 1830 et 1900, bien avant ceux de la “Lost generation”. Ils ont pour nom James Fenimore Cooper, l’auteur du Dernier des Mohicans et  Samuel Morse, peintre inventeur du télégraphe; Elihu Washburne, l’ambassadeur américain en France lors de la guerre franco-prussienne et de la répression de la Commune de Paris en 1871, ou encore Elizabeth Blackwell, la première femme à exercer la médecine aux États-Unis après ses études à Paris. Ces voyages initiatiques s’achèvent sur celui d’Isadora Duncan, créatrice de la danse moderne. “Tous les pionniers n’allèrent pas vers l’Ouest”, écrit David McCullough. “Pour certains, ce qui était connu comme le vieux Monde fut un territoire complètement neuf”.

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