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L’ombre du FN plane toujours sur l’entre-deux-tours

Le score élevé du Front national au premier tour de la présidentielle continue de peser sur le duel entre François Hollande et Nicolas Sarkozy, qui se cristallise sur la promesse du candidat PS d’instaurer le droit de vote des étrangers aux municipales.

Le président-candidat, qui ne peut espérer une réélection le 6 mai que s’il séduit en masse les 6,4 millions d’électeurs frontistes du premier tour, a poursuivi ses clins d’oeil sur sa droite. S’il a assuré sur France Info qu’il n’y aurait “pas d’accord” avec le Front national et “pas de ministres” FN dans son futur gouvernement s’il était élu, M. Sarkozy a redit qu’il se refusait “à diaboliser des hommes et des femmes qui, en votant pour Marine Le Pen, ont exprimé un vote de crise”.

“Je dois en tenir compte, je dois les écouter, je dois les entendre et pas considérer qu’il faut se boucher le nez”, a fait valoir M. Sarkozy, qui était parvenu en 2007 à siphonner une large part de l’électorat FN. Il a d’ailleurs tenu mercredi un meeting dans le Haut-Rhin, où Mme Le Pen a obtenu plus de 23% des voix. Le FN est bien “un parti démocratique” et les “18% des Français qui se sont exprimés pour Marine Le Pen, ce n’est pas 18% qui ont les idées de l’extrême droite”, a estimé M. Sarkozy.

Désireux, lui aussi, de s’adresser aux électeurs frontistes, M. Hollande a plutôt choisi l’angle social, en promettant mercredi de ne pas laisser faire un “cortège de plans sociaux” qui serait en préparation et dont l’annonce serait différée à l’après-présidentielle. Il réagissait à la cessation de paiement du numéro deux français de la sécurité, Neo Sécurité. 5.000 emplois sont concernés.

Mais avec la promesse de la gauche d’instaurer le droit de vote aux élections locales pour les étrangers non communautaires, le président-candidat et son camp pensent tenir l’arme fatale pour déjouer les pronostics de victoire de M. Hollande. Celui-ci a confirmé mercredi matin que cette réforme, qui ne “constitue pas une priorité” selon Ségolène Royal, serait bel et bien menée avant les municipales de 2014.

M. Sarkozy est repassé à l’offensive sur ce thème lors de son meeting à Cernay, près de Mulhouse : “Ces femmes et ces hommes (les électeurs FN), je suis dans mon devoir de républicain candidat en leur disant +si vous ne participez pas au vote, si vous ne nous rejoignez pas, alors vous aurez le droit de vote pour les immigrés en France”. Lui-même s’y était dit favorable en 2001 et 2005. Il a aussi accusé son adversaire socialiste d’avoir “dit hier soir à la télévision je régulariserai tout le monde, parce que la régularisation au cas par cas c’est tout le monde”.

Il a en plus adressé un signal aux centristes en promettant un référendum sur la “règle d’or” budgétaire en cas d’opposition du Sénat, où la gauche est majoritaire. François Bayrou, candidat centriste au premier tour, ne paraît toutefois pas sur le chemin du ralliement au président-candidat. Il a ainsi jugé “offensants” des propos de M. Sarkozy assimilant électeurs du FN et du MoDem.

L’UMP a ouvert un autre front, via les députés Franck Riester et Eric Ciotti, en dénonçant un supposé “appel de 700 mosquées” à voter pour M. Hollande. Mais le Conseil français du culte musulman (CFCM) a assuré à l’AFP ne pas avoir trouvé trace de cet “appel”. Autre cible de l’UMP : le quotidien Libération qui affiche mercredi en Une une photo en noir et blanc du président-candidat avec la citation “Le Pen est compatible avec la République”, Nicolas Sarkozy, 24 avril 2012. “Autant l’imprimer en rose !” s’est emporté le ministre UMP, Xavier Bertrand sur Canal+. Jean-François Copé s’en était déjà pris lui aussi à la une du journal, accusé de “désinformation” pour avoir travesti les propos de M. Sarkozy.

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