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L’Opéra de Paris on the road again

Monument vivant de la culture nationale française, Le Ballet de l’Opéra de Paris fait son grand retour aux Etats-Unis cet été. Il se produira au Lincoln Center de New York, au Kennedy Center de Washington et pour la toute première fois à Chicago, au Harris Theater, du 26 juin au 22 juillet.

Son nom est synonyme de prestige. Avec plus de 330 000 spectateurs par an, 60 spectacles et plus de 12 programmes différents, l’Opéra de Paris est l’une des plus grandes compagnies de danse au monde. Entre académisme et renouveau, Brigitte Lefèvre, à la tête de ce grand corps organique, veille sur ce temple du faire et du savoir qu’est l’Opéra. “Je ne prône pas l’idée d’un art figé mais je défends la transmission de l’excellence”, explique-t-elle.

Cette institution éminente de l’Etat français, ramifiée entre l’opéra Bastille et l’opéra Garnier, doit en partie sa réputation d’académisme au Roi Soleil. “Ce brave Louis XIV a fondé l’Académie royale de musique et de danse. Il était la première étoile et dansait très bien à ce qu’il paraît”, s’amuse sa directrice. A partir des années 1970, le Ballet de l’Opéra hérite d’une double vocation : le maintien de la tradition et l’ouverture à la modernité. La reconstitution d’oeuvres du XVIIIe siècle côtoie alors le répertoire contemporain. “Nous sommes toujours une compagnie de répertoire mais nous nous renouvelons tout le temps”, poursuit la directrice des ballets.

Impatiente de traverser l’océan avec ses étoiles l’été prochain, Brigitte Lefèvre prévoit un spectacle américain grandiose. “C’est une grande aventure car nous sommes une compagnie plutôt sédentaire.” Il est vrai que l’on n’avait pas vu l’institution en terre américaine depuis 1993. “Notre première tournée aux Etats-Unis date de 1948. Et la Compagnie est venue à six reprises aux Etats-Unis depuis, avec des représentations à New York, Washington, Los Angeles et San Francisco”. Cette année, elle se produira pour la toute première fois à Chicago, une “ville très attirante et innovante dans le domaine des arts” et de nouveau à New York et Washington, “la capitale fédérale et la capitale culturelle”.

Des ballets inédits aux Etats-Unis

La compagnie présentera des ballets symboliques de l’identité et représentatifs de la diversité du répertoire. Elle embrassera les trois grands genres : “romantisme, néoclassicisme et modernité”. Pour ces représentations auxquelles participeront d’importants donateurs américains, source significative de revenus pour l’institution, la directrice artistique n’a pas fait les choses à moitié. Le Ballet de l’Opéra de Paris donnera “Giselle” de Jean Coralli et Jules Perrot (15 représentations) et “Orphée et Eurydice” de Pina Bausch (3 représentations). “J’avais très envie de présenter ce magnifique ballet de Pina Bausch qui nous l’a confié. Nous sommes les seuls actuellement à le danser et l’interpréter avec les chanteuses et l’ensemble Balthasar Neumann.”

“Giselle”, conçu en 1841 spécialement pour l’Opéra de Paris par le poète Théophile Gautier, fait partie de son propre aveu des coups de cœur de Brigitte Lefèvre. “Ce ballet est considéré comme l’apothéose du ballet romantique, c’est l’image même de la beauté pure, de la perfection”, s’enthousiasme-t-elle. C’est Théophile Gautier qui en suggère l’argument à Vernoy de Saint Georges, en s’inspirant d’un passage du livre de Henri Heine, De l’Allemagne. L’ouvrage traite de la légende des Wilis, ces fiancées mortes la veille de leurs noces, qui entraînent les voyageurs imprudents dans des rondes mortelles la nuit tombée. En apprenant qu’Albrecht, qu’elle aime, est le noble fiancé d’une princesse, Giselle, une paysanne, meurt. La Reine des Willis, esprits de jeunes filles mortes vierges, décide qu’Albrecht doit mourir. Il est condamné à danser jusqu’à la mort mais l’esprit de Giselle, en dansant avec lui, arrive heureusement à le sauver.

Pour la fameuse “ouverture au public”, la directrice a également concocté une soirée mixte qui comprendra “Suite en Blanc” de Serge Lifar, “L’Arlésienne” de Roland Petit et le “Boléro” de Maurice Béjart (7 représentations). “Ces œuvres rendent hommage à trois chorégraphes essentiels qui ont ouvert les horizons du néoclassicisme au XXe siècle. J’aime l’appeler le ‘programme français’, car il s’appuie aussi sur les musiques des grands compositeurs français, Edouard Lalo, Georges Bizet et Maurice Ravel”. Presque toutes les étoiles sont alignées sur cette tournée dont les ballets, à l’exception de “Suite en blanc” présenté en 1993 à Washington, n’ont jamais été montrés au public américain !

Tournée du Ballet de l’Opéra de Paris, au Harris Theater de Chicago du26 juin au 1er juillet, au John F. Kennedy Center de Washington D.C. du 5 au 8 juillet et au Lincoln Center de New York du 11 juillet au 22 juillet. Informations et réservations sur :

harristheaterchicago.org

kennedy-center.org

lc.lincolncenter.org

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