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Lors de ses voeux aux parlementaires, Sarkozy défend les jurés populaires

Nicolas Sarkozy a confirmé mercredi aux parlementaires leur calendrier chargé de réformes pour 2011, plaidant notamment pour l’introduction des jurés populaires dans les tribunaux correctionnels, et truffé son discours d’hommages sur leur travail.

Devant son gouvernement, le chef de l’Etat a promis une année active lors de ses voeux aux députés, sénateurs, députés européens et élus du Conseil de Paris, pour l’essentiel issus des rangs de la droite, réunis à l’Elysée. Il a rappelé qu’il restait “très peu de temps législatif utile” jusqu’à la fin de son mandat.

Dans la longue liste des textes qui seront confiés en 2011 au Parlement, Nicolas Sarkozy a surtout insisté sur sa volonté d’introduire des jurés populaires dans les tribunaux correctionnels qui doit, selon lui, “réduire le fossé qui s’est créé petit à petit, toutes ces dernières années, entre le monde de la justice et le peuple français”. Il a également estimé que cette mesure, que le gouvernement espère faire voter “vers la fin de l’année”, constituait “un acte d’intégration, c’est un acte de citoyenneté, c’est un acte de prise de participation aux décisions les plus difficiles de la République”.

Nicolas Sarkozy a également rappelé l’urgence de la réforme de la dépendance, malgré l’approche de la présidentielle de 2012. “Qui peut penser que dans un an et demi, ce sujet sera moins urgent et sera plus facile à traiter”, a-t-il estimé, “le gouvernement doit sur ce sujet faire preuve de courage et le parlement (…) aura à prendre ses responsabilités”. Pêle-mêle, le président a ensuite évoqué la réforme de la fiscalité du patrimoine, rappelé sa volonté d’inscrire “le principe de la maîtrise des finances publiques” dans la Constitution ou d’ouvrir le chantier “de la simplification du stock des normes existantes”.

Tout au long de son propos, M. Sarkozy a multiplié les félicitations aux élus pour leurs “choix décisifs”, notamment l’adoption de la réforme des retraites, “un acte de courage et de responsabilité”, ou du texte interdisant le port du voile intégral, “un symbole”. Plus généralement, le président s’est réjoui de ses rapports avec les parlementaires “bien meilleurs que certains commentateurs ne le disent”. A titre d’exemple, il s’est enorgueilli de n’avoir “depuis trois ans et demi jamais fait usage” de l’article 49.3 de la Constitution qui permet au gouvernement de faire passer un texte en force à l’Assemblée. Et de rappeler que François Mitterrand y avait eu recours 50 fois, Valéry Giscard d’Estaing 6 et Jacques Chirac 5…

Tout à la volonté de charmer son auditoire, le chef de l’Etat s’est abstenu de parler des sujets qui fâchent et a même évoqué l’idée de réunir députés et sénateurs en Congrès en 2011 pour les tenir informés des “détails des chantiers” de la présidence français des G8 et G20.

Boycotté par le PCF et le Front de gauche et très largement boudé par les socialistes, à l’exception du député René Dosière ou du maire de Paris Bertrand Delanoë, le discours a séduit la droite. “Il a été clair sur les engagements, sur la fiscalité”, s’est réjoui le député NC François Sauvadet, “très présidentiel”, a jugé son collègue Jérôme Chartier. Seul, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan a fait tache en regrettant le “discours technique” du chef de l’Etat. “Il est dans sa bulle: je réforme donc je suis. Mais pourquoi faire ?”, s’est-il demandé.

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