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Louis Giscard d’Estaing : “Ma candidature répond à une logique de pluralité plutôt que de division”

France-Amérique a rencontré Louis Giscard d’Estaing à New York pour évoquer avec lui sa candidature pour l’UDI et la campagne qui s’annonce.

France-Amérique : Pourquoi avez-vous décidé de vous présenter à la législative partielle en Amérique du Nord ?

Louis Giscard d’Estaing : D’abord parce que je considère que l’Amérique est mon second pays. J’y ai travaillé et vécu (de 1984 à 1986, ndlr), j’ai épousé une Américaine et de ce fait, mon fils a la double nationalité. J’ai aussi présidé le groupe d’amitié France-Etats-Unis à l’Assemblée nationale de 2007 à 2012. Je souhaite pouvoir représenter celles et ceux avec qui j’ai partagé un moment de vie. Et puis c’est un moment important pour le pays d’un point de vue politique. Les idées de ma famille politique, la droite, se doivent d’être davantage représentées à l’Assemblée nationale. Raymond Barre disait : “il faut que la France cesse de dépenser plus, de travailler moins et d’emprunter la différence”.

Vous ne résidez pas en Amérique du Nord, vous estimez-vous légitime ?

Ma légitimité, c’est de répondre à l’aspiration de celles et ceux qui m’ont demandé de me porter candidat. La première démarche ne vient pas de moi. Dès l’annonce du Conseil constitutionnel d’annuler l’élection de juin dernier, j’ai reçu quatre courriels d’élus des Français des Etats-Unis. Ces personnes m’ont dit : “nous, nous ne souhaitons pas que ce soit le même candidat qui représente la droite (Frédéric Lefebvre) et nous avons remarqué votre profil et votre disponibilité”. Il n’y a eu aucune prise d’initiative de ma part. Je trouve normal et naturel de prendre appui sur les acteurs locaux.

Comment allez-vous justifier auprès des électeurs votre candidature l’année dernière en Auvergne et celle, cette année, en Amérique du Nord ?

J’étais député sortant élu depuis deux mandats dans le Puy-de-Dôme. J’ai donc décidé de me représenter l’an dernier devant les électeurs qui m’avaient confié ce poste. N’ayant pas été réélu, je me trouve disponible pour répondre à cette demande formulée par des acteurs locaux d’Amérique du Nord. Je n’ai pas été proposé par des instances nationales. Avant de me présenter, je me suis assuré que j’étais dans une position de rassemblement politique au-delà de la question de l’investiture UMP.

Vous avez d’ailleurs cherché à être le candidat de l’UMP pour ce scrutin ?

Je n’ai jamais demandé l’investiture UMP. J’ai simplement proposé à Jean-François Copé (secrétaire général de l’UMP, ndlr) qu’il y ait un accord UMP-UDI. J’ai dit à Jean-François Copé : “c’est très simple. L’année dernière ton candidat n’a pas réussi. Une solution pour gagner, c’est d’écouter ce que disent les responsables UMP des Etats-Unis et du Canada et de trouver un accord politique avec une candidature commune UMP-UDI”. Mais Jean-François Copé ne m’a pas écouté et a nommé Frédéric Lefebvre alors même que les responsables du parti en Amérique du Nord lui avaient dit “ne faites pas ça”. Ce choix a conforté celles et ceux qui aspiraient à ce que je sois candidat.

Cela ne vous dérange pas de vous retrouver adversaire de Frédéric Lefebvre, alors que vous auriez pu être alliés ?

Nous avons des modes de scrutin à deux tours. La logique de nos institutions politiques ne conduit pas un système bipartisan à l’américaine. Ma candidature répond à une logique de pluralité plutôt que de division. Quand j’ai été élu en 2002 dans le Puy-de-Dôme, j’avais deux candidats dissidents issus de ma famille politique. Et je ne pense que pas que ce soit un problème. Le vrai adversaire politique reste le candidat du Parti socialiste. Car il représente la formation politique qui est majoritaire à l’Assemblée nationale et dont on voit jour après jour à quel point elle a conduit à de fortes désillusions et à une situation dégradée de notre pays.

Avez-vous déjà des propositions concrètes pour les Français d’Amérique du Nord ?

J’apporterai des propositions quand la campagne débutera. Il y a des sujets sur lesquels, bien entendu, le député d’Amérique du Nord doit pouvoir être l’interface des préoccupations des Français de l’étranger. La question des frais de scolarité doit être abordée avec responsabilité. Ayant été président du groupe d’amitié France-Etats-Unis ces cinq dernières années et vice-président de la commission des finances, je connais bien les sujets touchant à la fiscalité ou au budget. J’étais aux côtés de Nicolas Sarkozy à Washington lorsqu’il a évoqué la gratuité des frais de scolarité dans les Lycées Français.

L’Assemblée ayant déjà une couleur politique, on peut imaginer que les électeurs vont voter davantage au nom des idées qu’en fonction des étiquettes des candidats par rapport au scrutin de juin dernier ?

C’est vrai. L’année dernière, les électeurs ont pu être sensibles à certains aspects du programme de la candidate. Mais ils ont maintenant peut-être un peu plus de recul. Cette circonscription est en réalité à droite. Les électeurs de droite sont majoritaires en Amérique du Nord, on l’a vu avec le résultat du vote lors de la présidentielle (où Nicolas Sarkozy est arrivé devant François Hollande en Amérique du Nord, ndlr).

Quel bilan tirez-vous du mandat de Corinne Narassiguin ?

Je ne me permettrais pas, par respect pour elle, de la juger. Elle a fait un travail réel dans une fonction difficile car nouvelle.

Si vous êtes élu, comment allez-vous gérer vos deux fonctions de député et de maire de Chamalières ?

Je prends comme exemple celui des cadres Michelin qui s’occupent de l’Amérique du Nord et qui sont basés à Clermont-Ferrand. La logistique et les capacités de déplacement me permettraient tout à fait de faire les deux. Mon mandat municipal s’arrête en mars 2014, je me poserai alors la question de la compatibilité des deux postes.

Avez-vous déjà choisi votre suppléant ?

Ce sera quelqu’un de la communauté française du Canada. Je le présenterai à Montréal le 3 avril prochain.

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