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L’ouverture du Mondial de l’auto chahutée par des salariés de PSA et Ford

Des salariés de l’usine PSA d’Aulnay et de celle de Ford Blanquefort ont bruyamment fait entendre leur voix samedi, à l’ouverture au public du Salon de l’automobile à Paris, où Arnaud Montebourg a renoncé à se rendre alors qu’il y était annoncé.

Premiers arrivés ce matin, une cinquantaine de salariés de PSA à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), conduits par le principal syndicat de cette usine, le SIA, ont distribué à l’extérieur, puis à l’intérieur du salon, des cartons rouges aux visiteurs, symbole de leurs inquiétudes après l’annonce de la fermeture du site en 2014. Les cartons rouges étaient destinés à Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, rebaptisé “ministre improductif” par les manifestants qui l’ont attendu en vain.

Arnaud Montebourg avait des obligations dans son département de Saône-et-Loire, a affirmé à l’AFP le ministère, en assurant qu’il n’avait jamais été question pour lui de venir ce week-end au Salon de l’automobile. L’agenda officiel du ministre, transmis par Bercy la semaine dernière, comprenait pourtant bien “l’ouverture officielle du Salon de l’automobile (Porte de Versailles)” samedi à 9H30. Le ministre a pris date un peu plus tard samedi avec les salariés, en indiquant sur son compte Twitter qu’il serait disponible pour les rencontrer dans une semaine. “Je veux rencontrer les salariés de PSA que j’ai déjà vus à trois reprises et qui défendent légitimement leur travail”, écrit Arnaud Montebourg, ajoutant qu’il se rendra, “comme prévu, au Mondial de l’automobile samedi prochain”.

Déçus mais “pas surpris” par cette absence, les PSA se sont dirigés vers les stands Citroën et Peugeot pour haranguer la foule des premiers visiteurs et tenter de convaincre, sans succès, les hôtesses de porter leurs badges. Parmi ces visiteurs, Jean-Jacques, venu du Loir-et-Cher, s’est dit compatissant envers “ces pauvres gens qui, je pense, vont aller pointer au chômage malgré leur manif”. De son côté, une des manifestantes, Laurence, perruque verte sur la tête, 43 ans dont 16 à PSA, criait son désarroi : “On sait que l’usine (d’Aulnay) va fermer, mais on veut qu’on ne laisse personne aller à Pôle emploi.”

“Morosité”

Les PSA d’Aulnay à peine sortis du salon, ce sont quelque 360 salariés d’usine Ford de Blanquefort, près de Bordeaux, qui ont débarqué vers 11H00, menés par Philippe Poutou, membre CGT de l’intersyndicale du site et ex-candidat du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) à la présidentielle. Ils ont été rapidement rejoints par Olivier Besancenot, ancien porte-parole du NPA, et Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche à la présidentielle.

Venu “les soutenir”, ainsi que “ceux de Florange, Fralib, Technicolor et Sodimedical”, Olivier Besancenot a dénoncé “un gouvernement qui a choisi son camp”, alors qu'”il peut imposer une loi pour interdire tous les licenciements (…), ce qui peut être fait en une journée”. Aussi a-t-il appelé, sans plus de précisions, à “une marche de soutien à la lutte des travailleurs” et suggéré qu’elle se rende “sous les fenêtres de Montebourg”.

Pour sa part, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé ces entreprises dont l’objectif premier est “comment faire du fric”. Mais, a-t-il admis, “dans l’automobile, le défi est particulièrement important: nous savons que nous devons sortir de l’énergie carbonée et du pétrole et nous ne pourrons le faire sans inventivité”. “Ce sont les travailleurs qui ont ce savoir-faire”, a-t-il dit.

Les salariés de Ford ont traversé les couloirs bondés du salon, leurs bras levés tenant de grands autocollants siglés “Ford, sauvons les emplois”, au cri de “rien n’est à eux, tout est à nous”, sous les yeux de visiteurs ébahis, mais plutôt compréhensifs. “C’est ce qui devait arriver, c’est logique, on sent la morosité sur ce salon”, a réagi Christian, venu de Marseille. En quelques minutes, une pluie de confettis s’est ensuite abattue sur le stand du constructeur américain, alors que la quinzaine de véhicules présentée était recouverte d’autocollants. Après avoir posé pour les photographes, le cortège a regagné la sortie. Avant d’entrer, fumigène à la main, Philippe Poutou avait promis de “se faire plaisir” et de “refaire la déco”.

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