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Lucien Zayan, un Français pas si invisible à Brooklyn

L’Invisible Dog, un centre d’art installé dans une ancienne usine au cœur de Cobble Hill à Brooklyn, a ouvert ses portes samedi 3 octobre. Un lieu chargé d’histoire, à l’origine du célèbre gadget des années 70, Invisible Dog, et qui pourrait bien redevenir à la mode grâce au Français Lucien Zayan.

« Transformer une usine désaffectée en un centre d’art ». Lucien Zayan s’était fixé ce pari fou en décembre 2008 lors d’un voyage en tant que touriste à New York. Dix mois plus tard, cet ancien directeur de théâtre en France va pouvoir frapper les trois coups. Son « immeuble culturel », situé dans le quartier de Cobble Hill à Brooklyn, est fin prêt pour devenir un lieu de rendez-vous de référence tel que son créateur l’a imaginé.

Tout a commencé l’hiver dernier, lorsque Lucien Zayan rencontre une Française qui tient une petite galerie dans un immense entrepôt. Intrigué par le lieu, il contacte le propriétaire et découvre l’incroyable histoire que cache l’endroit. Dans les années 70, cette usine fabriquait, outre des ceintures et des jouets, les fameuses « Invisible Dog » : des laisses rigides, permettant de promener son chien imaginaire. Un gadget à la mode connu de tous les Américains de plus de quarante ans. Il n’en fallait pas plus à Lucien Zayan pour qu’il se décide à monter un projet pour ce lieu et à le présenter au propriétaire. La crise aidant, celui-ci accepte de lui louer les ateliers. Entre temps, Lucien obtient son visa et décide de s’installer durablement aux États-Unis.

Il commence alors à rénover les locaux, aidé bénévolement par des gens du quartier : « Au départ, j’avais refusé leur aide car je ne pouvais pas les payer. J’ai fini par comprendre qu’il fallait que j’accepte, que c’était un signe d’intégration. J’ai découvert l’entraide à l’américaine. » Si tout ne sera pas encore prêt samedi pour l’inauguration, Lucien Zayan sait déjà à quoi ressemblera son immeuble dans quelques mois. Il souhaite notamment transformer le jardin en un café, qu’il espère ouvrir pour le printemps.

Pour l’heure, les ateliers accueilleront dès samedi l’exposition « No Longer empty » au rez-de-chaussée. Imaginée par Manon Slome, conservatrice notamment au musée Guggenheim, l’idée est de réapproprier par l’art les lieux laissés vides à cause de la crise. « Elle a trouvé que le centre d’art qu’on voulait ouvrir était le lieu parfait. C’est vraiment génial qu’on reçoive dès l’ouverture une exposition si importante ». Le deuxième étage est lui découpé en onze studios, loués à l’année par des artistes, participant ainsi au financement du projet du Marseillais.

Un étage plus haut, c’est l’exposition « Recession Art » qui va s’installer pour quelques semaines. « Là aussi, l’idée est venue de la crise. Le but est de permettre à des jeunes artistes de montrer leurs œuvres. Il y aura des assemblages, de la peinture, de la vidéo. Finalement, je me rends compte que tout le projet Invisible Dog est né de la crise. Que ce soit pour le bâtiment ou pour les expositions. » À ne pas rater enfin, la cage d’ascenseur, transformée en une œuvre d’art sur trois étages. « Cet artiste italien a eu l’idée de peindre une fresque sur les trois niveaux des murs de la cage d’ascenseur en s’inspirant de Dante, avec l’enfer, le purgatoire et le paradis. »

Avec à terme des animations proposées au moins quatre fois par semaine « que ce soit de la danse, de la musique classique ou électro, des projections ou des expositions », Lucien Zayan n’a

plus qu’une idée en tête : faire d’Invisible Dog un lieu vivant et incontournable de la scène culturelle à Brooklyn.

Infos pratiques

51 Bergen Street, Brooklyn

Métro F ou G, arrêt Bergen Street

Theinvisibledog.org

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