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Ludivine Sagnier, “Fille coupée en deux”

Dans La fille coupée en deux, drame social et sentimental, Claude Chabrol met en place un trio d’acteurs inédit, la lumineuse Ludivine Sagnier, entourée de François Berléand et Benoît Magimel, et continue d’explorer les dysfonctionnements de la bourgeoisie de province.

« Les spectateurs du Festival international du film de San Francisco sont des gens très ouverts qui ne sont pas forcément dans le cinéma. Ça ne veut pas dire qu’ils ne sont pas exigeants, mais on sent que ce ne sont pas des professionnels qui viennent pour critiquer donc j’adore ! » Ludivine Sagnier, rencontrée à cette occasion, a manifestement apprécié l’accueil chaleureux qu’elle a reçu lors de la présentation de La Fille coupée en deux, de Claude Chabrol.

Le film est inspiré d’un fait divers ayant eu lieu aux États-Unis, dont Claude Chabrol a resitué l’intrigue dans la banlieue lyonnaise chic. Le réalisateur y dépeint, dans un monde habité de faux-semblants et d’hypocrisie, l’ascension, puis la chute, de Gabrielle Deneige (Ludivine Sagnier), jeune présentatrice de télévision arriviste qui rêve de gravir les échelons du succès.

Le jour où Gabrielle assiste par hasard à la signature de livre de l’écrivain Charles Saint Denis (François Berléand), son monde bascule. En effet, elle rencontre ce même jour les deux hommes qui vont causer sa perte : Charles Saint Denis, l’écrivain à succès plus âgé et très libertin et Paul Gaudens (Benoit Magimel), le jeune héritier déséquilibré qui va lui faire une cour assidue et excessive.

Prise entre ces deux hommes, Gabrielle s’abandonne d’abord dans les bras de l’écrivain. Elle découvre un univers où luxure et perversion se côtoient. « La plus grosse difficulté, c’est d’endosser la douleur des personnages et de tenir debout en portant le poids de son rôle. Parfois, ce que Gabrielle ressent, c’est de l’humiliation. Elle est salie par cet écrivain qui lui pourrit son innocence et, prête à tout par amour, elle se fait vraiment traîner dans la boue » témoigne Ludivine Sagnier.

Gabrielle est pour l’écrivain un nouveau jouet dont il finit par se lasser. Désespérée, cette dernière se tourne finalement vers le jeune Paul Gaudens. Elle entre alors dans le monde austère et codé de la bourgeoisie, perdant son identité une nouvelle fois avant l’incident tragique qui marque le point d’orgue du film.

Si le film pêche de temps à autre par le trait un peu excessif des situations et des personnages, il s’en dégage néanmoins un charme indéfinissable. Comme nous le confie Ludivine Sagnier : «Dans le film tout est suggéré et c’est encore pire car ça tient à la perversion des spectateurs. Ce qu’ils ont envie de voir ils peuvent le projeter ». Donc, à chaque spectateur sa propre lecture du film !


La Fille coupée en deux
(A girl cut in two), de Claude Chabrol.
Avec Ludivine Sagnier, François Berléand, Benoit Magimel, Mathilda May.
Durée : 1h54.
Sortie le 15 août.

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