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Lulu Gainsbourg, le fils prodigue sur la scène de l’Apollo Theater

Lulu Gainsbourg sortira son nouvel album le 30 octobre aux Etats-Unis. Entretien.

Attention, le concert de Lulu Gainsbourg à l’Appolo Theater a été annulé.

France-Amérique : Votre album, “From Gainsbourg to Lulu”, est sorti en France le 14 novembre dernier. Que s’est-il passé depuis pour vous ?

Lulu Gainsbourg : Cela été une période assez occupée après mon diplôme que j’ai eu en mai 2011. Première promo, premier album, les interviews dans tous les sens, les voyages à droite à gauche, j’ai un peu vécu dans un avion depuis l’année dernière. L’album est sorti dans le monde entier, sauf dans le pays où je vis et il arrive le 30 octobre aux Etats-Unis. On prépare donc le concert du 5 décembre.

L’Apollo Theater va vous changer du Hollywood Bowl où vous aviez donné votre premier concert l’année dernière. Pourquoi avoir choisi cette salle à New York?

Premièrement, je suis tombé amoureux de cette ville en enregistrant l’album et que j’y vis depuis que je suis diplômé. Passer de 17 000 personnes à 1 500, ça change c’est sûr. Et étrangement, c’est plus difficile de faire un concert dans une plus petite salle que dans une grande salle car le public est restreint. L’Apollo Theater, c’est l’Olympia de New York, une salle mythique et légendaire. Rendre hommage à mon père dans cette salle, c’est top. Aujourd’hui, c’est une chance de passer derrière James Brown et les Jackson Five même si Gainsbourg ce n’est pas très Motown. Dans ma carrière, à l’avenir, je souhaite pouvoir refaire un concert dans cette salle, peut-être un peu plus funky, on verra.

Comment va se dérouler cette soirée ?

Cela va être un concert-hommage à mon père, dirigé par son fils et featuring beaucoup de guests. Cela va être un peu plus international. Des artistes qui sont sur l’album, on a de grandes chances d’avoir Iggy Pop en live, que je n’ai jamais rencontré encore. On va aussi avoir Sly Johnson et Angelo Debarre. Je serai également ravi aussi d’avoir Richard Bona qui va venir avec ses musiciens. En dehors des invités qui sont sur l’album, on retrouvera aussi mon cher ami Sean Lennon et Cœur de Pirate.

Comment avez-vous choisi ces artistes qui vont vous accompagner ?

Ce n’est pas en fonction de s’ils connaissent mon père ou pas, ou s’ils l’aiment bien ou pas. C’est plus en fonction de si moi je les aime bien. Depuis quelques années, j’aime beaucoup Herbie Hancock (pianiste, ndlr). Il n’a pas pu faire partie de l’album mais en faisant un concert à New York, il est normal que je lui fasse la proposition. On essaie d’avoir beaucoup d’invités même si beaucoup ne pourront pas être là comme Cat Power ou Patti Smith.

Avez-vous peur d’être seul sur scène pour inviter autant de monde ?

Pour un hommage à Gainsbourg, oui. Soit je faisais quelque chose avec des invités, soit je ne faisais rien car cela ne m’intéressait pas. L’idée, ce n’était pas de faire des reprises de papa car j’ai toujours voulu devenir quelqu’un par moi-même en mettant le nom de côté. Là, il y a peut-être beaucoup de confusion pour les gens qui se disent avec son premier album, il met les pieds dans le plat. Mais non. C’est un cadeau que je fais à mon père en hommage à son œuvre avec mes connaissances musicales. Et puis, je vais chercher un casting assez prestigieux pour intéresser la nouvelle génération qui ne connaît pas forcément Gainsbourg et donc faire passer le message à l’international.

Quel a été l’accueil de l’album par le public français ?

Il y a des gens qui ont été ravis, d’autres qui ont détruit ou qui n’ont fait que comparer avec l’original, en me disant par exemple : “Ce que tu as fait avec Scarlett (Johansson, pour la chanson Bonnie and Clyde, ndlr), cela ne vaut pas son duo avec Bardot”. Comme disait mon père, à l’arrivée les gens vont parler de toi en bien ou en mal mais l’essentiel, c’est qui parlent de toi. C’est comme ça qu’un artiste se développe.

Est-ce que cet album était une façon de couper le cordon ?

Oui, même si j’ai eu du mal à accepter de le faire. J’ai mis l’avis du public de côté, j’ai dit moi je fais ça pour mon père. Je me suis étonné car je ne pensais pas que j’avais ces capacités de faire ce premier album. Je réalise tout, je produis, j’arrange, je suis le chef d’orchestre de l’album. Je suis vraiment content, j’ai fait un bel album pour lui, peu importe ce que les gens pensent. C’est vraiment quelque chose de personnel.

Un jour verra-t-on Lucien Gainsbourg en haut de l’affiche avec vos propres compositions ?

Lucien Gainsbourg, jamais. Lulu peut-être. Je ne supporte pas ce prénom. Même si mon père m’en a fait cadeau, c’est lourd, je préfère qu’on m’appelle Lulu. Quand j’aurai 60 ans, ça passera peut-être mieux. Plus sérieusement, je suis actuellement en pleine écriture musicale sur mon deuxième album, donc techniquement mon premier personnel. Je n’ai pas encore de date, mais cela devait venir. Je travaille avec mon piano, ma guitare, ça dépend des jours de mes émotions. Les deux. Pour l’instant, je ne touche pas au texte. Pour ça, je vais aller me diriger vers des autres, peut-être aussi essayer de travailler avec ma mère. Et puis, la musique de film reste ma grande passion et il n’est pas impossible que dans quelques années je travaille dans ce milieu.

Pourquoi vous n’écrivez pas de paroles ?

Ce n’est pas un blocage mais je n’ose pas encore partager mes idées à l’écrit. Et puis, ce n’est pas facile aussi de passer derrière mon père qui est un poète.

Pour plus d’informations :

L’album “From Gainsbourg to Lulu” est déjà téléchargeable sur iTunes et sera disponible à la vente à partir du 30 octobre aux Etats-Unis.

Le clip de L’eau à la bouche :

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